2609 résultats pour "dissertations philo homme"
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La valeur d'une civilisation se reconnaît-elle au développement de sa technique ?
Les termes "valeur" et "fonction" portent la problématique. Si la valeur est fonction du progrès, alors on déduirait la valeur du progrès. Mais comment juger l'un et l'autre, et surtout l'un de l'autre ? Les critères de jugement ne sont-ils pas différents ? Le progrès technique peut-il tenir lieu de critère de valeur de la civilisation ? N'y a-t-il pas d'autres enjeux (moraux, culturels, artistiques) ? Une civilisation très avancée techniquement ne peut-elle être extrêmement rétrograde, voire in...
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Tout savoir sur Jean-Jacques ROUSSEAU...
La vie de Jean-Jacques Rousseau fut difficile et vagabonde ; il naît à Genève le 28 juin 1712. Sa mère meurt quelques jours plus tard ; jusqu'à dix ans il vit avec son père, horloger, qui lui fait lire Plutarque. L'artisan devant quitter Genève à la suite d'une rixe, Jean-Jacques est placé en pension chez un pasteur ; trois années d'apprentissage, chez un greffier, puis chez un graveur, lui révèlent l'injustice et la brutalité. A seize ans, il s'enfuit et, muni d'une lettre de recommandation, se...
- Sartre: La liberté peut-elle faire l'économie du risque ?
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La religion engendre-t-elle nécessairement la superstition ?
A la question posée par le sujet, on serait tenté de répondre très vite que non d'un point de vue extérieur à la religion, seulement la question semble après réflexion plus difficile que cela à résoudre. Le dictionnaire nous dit que la superstition consiste en une croyance irraisonnée ou au pouvoir occulte et fatal d'un acte, d'un signe. Ainsi le sujet nous demande si les religions sont totalement prisonnières de la superstition ? On verra donc dans un premier cas que la définition de la sup...
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Sciences & Techniques: Anthropologie et étude des races
Sciences & Techniques: Anthropologie et étude des races Face à la diversité humaine, le XIXe siècle classe et, pour classer scientifiquement, mesure des angles crâniens. L'étude des races passionna de nombreux anthropologues, qui pensaient être utiles à leur gouvernement. La grande diffusion du concept de "race" en anthropologie est liée à l'essor des techniques de classification, après 1800. La classification est souvent considérée comme une démarche scientifique, née d'un besoin de clarifier...
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Sciences & Techniques: Anthropologie et étude des races
Sciences & Techniques: Anthropologie et étude des races Face à la diversité humaine, le XIXe siècle classe et, pour classer scientifiquement, mesure des angles crâniens. L'étude des races passionna de nombreux anthropologues, qui pensaient être utiles à leur gouvernement. La grande diffusion du concept de "race" en anthropologie est liée à l'essor des techniques de classification, après 1800. La classification est souvent considérée comme une démarche scientifique, née d'un besoin de clarifier...
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Mon bonheur passe t-il obligatoirement par celui d'autrui ?
Depuis l'inflexion éthique que prend la philosophie avec Socrate, la pensée examinant sa vie se confronte à la question du bonheur. Il s'agit de bien vivre pour être à la hauteur de l'humanité en l'homme. Et le bien vivre est ce qui seul conduit au bonheur. Le bonheur est dès lors pensé comme fin de la vie humaine (l'eudémonisme d'Aristote). Par définition, le bonheur est ce qui universellement est partagé par les hommes comme fin de leurs vies. Ainsi est-il pertinent de s'interroger sur le...
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DESCARTES: LE VIVANT ET LA MACHINE
LE VIVANT ET LA MACHINE "Je suppose que le corps n'est autre chose qu'une statue ou machine de terre, que Dieu forme tout exprès, pour la rendre la plus semblable à nous qu'il est possible." Descartes, Traité de l'homme, 1664. Comment définir le vivant ? Pour comprendre le vivant, on peut le comparer au fonctionnement d'un mécanisme dans une machine. Descartes ne saisit pas ce qui caractérise le vivant. Au XVII, siècle, la biologie en tant que discipline scientifique n'existe pas. En outr...
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HOBBES ET LA LIBERTE NATURELLE
Hors de l'état civil, chacun jouit sans doute d'une liberté entière, mais stérile ; car, s'il a la liberté de faire tout ce qu'il lui plaît, il est en revanche, puisque les autres ont la même liberté, exposé à subir tout ce qu'il leur plaît. Mais, une fois la société civile constituée, chaque citoyen ne conserve qu'autant de liberté qu'il lui en faut pour vivre bien et vivre en paix, de même les autres perdent de leur liberté juste ce qu'il faut pour qu'ils ne soient plus à redouter. Hors de la...
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KANT: Contre la politique de Machiavel
La vraie politique ne peut donc faire un pas sans avoir auparavant rendu hommage à la morale ; et, si la politique est par elle-même un art difficile, jointe à la morale, elle cesse d'être un art, car celle-ci tranche les noeuds que celle-là ne peut délier, aussitôt qu'elles ne sont plus d'accord. Les droits de l'homme doivent être tenus pour sacrés, quelque grands sacrifices que cela puisse coûter au pouvoir qui gouverne. On ne saurait faire ici deux parts égales et imaginer le moyen term...
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Machiavel: biographie et oeuvre
NICOLAS MACHIAVEL (1469-1527) Machiavel, un des fondateurs de la théorie politique moderne, décrit les mécanismes les meilleurs pour s'emparer du pouvoir et le conserver. Le prince, celui qui exerce le pouvoir réel, devient objet de l'analyse politique, dégagée, par le penseur italien, des connotations théologiques de la période médiévale. © BIOGRAPHIE Nicolas Machiavel, né à Florence dans une famille de petite noblesse, vit dans une Italie déchirée par les conflits entre cités et princip...
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Heidegger: La science et la technique
« la conception instrumentale et anthropologique de la technique » On a coutume de définir la technique comme l'aptitude proprement humaine à fabriquer et à utiliser des outils. On la réduit ainsi à un dispositif instrumental. À la manière de l'outil, on considère alors la technique comme un ensemble de moyens mis en place par l'homme pour parvenir à des fins utiles. Cette définition est certainement exacte, mais elle ne nous dit rien sur l'essence de la technique. Technique et poétique La...
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MACHIAVEL: une contrée sans digue et sans aucun rempart
Relever les procédés d'argumentation 1. Identifiez les deux étapes du raisonnement de Machiavel dans ce fragment du Prince. 2. Réfléchissez aux sens du mot «fortune». Puis précisez en quel sens ce mot est pris ici par Machiavel. 3. «Je juge que s'il peut être vrai». Commentez cette entrée en matière: quel est le statut exact des propos que ces mots introduisent? 4. Quel est le procédé employé par Machiavel pour exposer sa thèse, dans la suite du texte, et pour convaincre le lecteur? Mont...
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Est-il possible de tout dire ?
Le langage sous sa forme la plus élaborée semble en effet propre à l'homme qui peut ainsi énoncer des vérités sur les choses et sur lui-même. Le problème de la vérité apparaît donc immédiatement. En effet, l'homme aurait ainsi un devoir de vérité, mais toute vérité est-elle toujours bonne à dire ? On peut aussi considérer le problème du langage à savoir les possibilités qu'il offre : pouvons-nous ainsi toujours tout exprimer ? Ne constate-ton pas certains défauts qui nous en empêchent ? Cette gl...
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Pensez-vous comme André Malraux que la vie privée des grands créateurs n'est qu'un « misérable tas de petits secrets » dont le lecteur n'a guère besoin, ou croyez-vous au contraire qu'une telle connaissance contribue précieusement à la bonne intelligence
La plupart des bonnes maisons d'édition, lorsqu'elles publient l'oeuvre intégrale d'un artiste, y adjoignent une biographie détaillée de l'auteur. Des gens intelligents, critiques et universitaires, travaillent thèses et mémoires. Or, notoirement, la majorité du public ne consulte que très peu ces pages. Et André Malraux le justifie en écrivant : « La vie privée des grands créateurs n'est qu'un misérable tas de petits secrets », dont le lecteur n'aurait que faire, tant il est vrai qu'un artiste...
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KANT: colère et émotion
« Ce que l'émotion de la colère ne fait pas dans le moment de l'exaspération, elle ne le fait pas du tout ; de plus, elle s'oublie aisément. Mais la passion de la haine prend son temps pour s'enraciner profondément et pour penser à son ennemi [...]. Celui qui va en colère vous trouver dans votre chambre pour vous dire des gros mots dans son emportement, engagez-le poliment à s'asseoir ; si cela réussit, ses injures seront déjà moins violentes, parce que la commodité d'être assis est une ab...
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FREUD et l'interdit du meurtre (Malaise dans la civilisation)
Si la culture a établi le commandement de ne pas tuer le voisin que l'on hait, qui nous fait obstacle et dont on convoite les biens, cela fut manifestement dans l'intérêt de la vie en commun des hommes qui, autrement, serait impraticable. Car le meurtrier attirerait sur lui la vengeance des proches de la victime du meurtre et la sourde envie des autres, qui intérieurement se sentent enclins à un tel acte de violence. Il ne jouerait donc pas longtemps de sa vengeance ou de son butin, il aur...
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Heidegger: De l'insouciance du mortel face à la mort
En tant que projet, l'existence humaine est sur le mode de l'attente et de l'anticipation de soi comme possible. La possibilité la plus ultime de notre existence est notre propre mort. Orienté vers l'avenir par son mode d'être comme projet, le Dasein anticipe comme horizon de son attente sa propre fin. Il se rapporte alors à quelque chose qui n'est pas et qui ne sera jamais pour lui : son propre néant. C'est dans l'angoisse que se révèle le caractère abyssal d'une telle pensée. L'anticipation de...
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HOBBES
« Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun. Car la guerre ne consiste pas seulement dans la bataille et les combats effectifs ; mais dans un espace de temps où la volonté de s'affronter en des batailles est suffisamment avérée : on doit par conséquent tenir compte, relativement à la nature de la guerre, de la notion de durée, comme on tient com...
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Par opposition à la science, à l'activité sociale, à l'esthétique, la philosophie ne vous apparaît-elle pas comme narcissisme stérile, barricadée dans un solipsisme qui prend ses désirs pour des réalités et aboutissant tout au plus à une « oeuvre » litté
INTRODUCTION « La raison humaine, remarque Kant, a cette destinée singulière dans une partie de ses connaissances d'être accablée de certaines questions qu'elle ne saurait éviter ». Dès qu'il a pensé, l'homme s'est trouvé en face de problèmes qu'il ne pouvait résoudre et cela explique que la philosophie soit à la fois la plus ancienne des disciplines et en un sens la plus vaine. Le philosophe est, en effet, l'homme qui s'interroge sur le monde et sur Dieu, sur la condition et la destinée humaine...
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Sören KIERKEGAARD (1813-1855)
Le défaut de la définition socratique est de laisser dans le vague le sens plus précis de cette ignorance, son origine, etc. En d'autres termes, même si le péché est ignorance, ce qui en un certain sens est indéniable, y peut-on voir une ignorance originelle: c'est-à-dire l'état de quelqu'un qui n'a rien su et jusqu'ici rien pu savoir de la vérité? ou est-ce une ignorance acquise ultérieurement? Si oui, il faut bien que le péché plonge alors ses racines ailleurs qu'en l'ignorance et ce doit être...
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KANT
"Le domaine de la philosophie se ramène aux questions suivantes : 1 Que puis-je savoir? 2 Que dois-je faire? 3 Que m'est-il permis d'espérer? 4 Qu'est-ce que l'homme? À la première question répond la métaphysique, à la deuxième la morale, à la troisième la religion, à la quatrième l'anthropologie. Mais, au fond, on pourrait tout ramener à l'anthropologie, puisque les trois premières questions se rapportent à la dernière. Car sans connaissances on ne deviendra jamais philosophe, mais jamais non p...
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Baruch SPINOZA
Ce n'est pas seulement parce qu'elle protège contre les ennemis que la Société est très utile et même nécessaire au plus haut point, c'est aussi parce qu'elle permet de réunir un grand nombre de commodités, car, si les hommes ne voulaient pas s'entraider, l'habileté technique et le temps leur feraient également défaut pour entretenir leur vie et la conserver autant qu'il est possible. Nul n'aurait, dis-je, le temps ni les forces s'il lui fallait labourer, semer, moissonner, moudre, cuire, tisser...
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David HUME: la vérité de la religion au dedans de son propre coeur
Chaque homme sent, en quelque façon, la vérité de la religion au dedans de son propre coeur, et c'est la conscience de sa faiblesse et de sa misère, plutôt qu'aucun raisonnement, qui le porte à chercher protection en cet Être, dont il dépend ainsi que toute la nature. Il y a tant d'inquiétude et tant d'ennui jusque dans les meilleures scènes de la vie, que le futur reste toujours l'objet de tous nos espoirs et de toutes nos craintes. Nous ne cessons de regarder en avant, et de nous efforce...
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Karl Heinrich MARX (1818-1883)
Notre point de départ, c'est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l'homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules l'habileté de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit, préexiste idéalement dans l...
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Karl Heinrich MARX (1818-1883)
MARX : MÊME L'INDIVIDUALISME EST PRODUIT SOCIAL Chaque homme se développe dans une société, ensemble plus vaste que lui. Mais ce développement peut paradoxalement être celui de l'individualisme : les liens sociaux peuvent devenir si complexes qu'ils font éclater les solidarités traditionnelles et le thème de l'incommunicabilité, auquel nous sommes si sensibles, accompagne un développement sans précédent des rapports sociaux. « Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu - et p...
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DESCARTES: Sitôt que j'ai eu acquis quelques notions générales
Sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusqu’à présent, j’ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer, autant qu’il est en nous, le bien général de tous les hommes. Car elles m’ont fait voir qu’il est possible de par...
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Le droit a t-il besoin d'un fondement ?
Introduction Le droit a-t-il besoin d'un fondement ? Le droit peut être défini comme l'ensemble des règles à caractère contraignant régissant les rapports des hommes en société et impliquant une répartition équitable des biens, des prérogatives et des libertés. C 'est le sens que l'on donne au mot droit quand on dit : « faire des études de droit », pour signifier l'étude des textes de loi et de l'appareil législatif des États. M ais le terme droit désigne également un droit en particulier : « j...
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KANT: les 3 ignorances
"L'ignorance peut être ou bien savante, scientifique, ou bien vulgaire. Celui qui voit distinctement les limites de la connaissance, par conséquent le champ de l'ignorance, à partir d'où il commence à s'étendre, par exemple le philosophe qui aperçoit et montre à quoi se limite notre capacité de savoir relatif à la structure de l'or, faute de données requises à cet effet, est ignorant de façon technique ou savante. Au contraire, celui qui est ignorant sans apercevoir les raisons des limites de...
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FREUD: le principe du plaisir détermine le but de la vie
On le voit, c'est simplement le principe du plaisir qui détermine le but de la vie, qui gouverne dès l'origine les opérations de l'appareil psychique : aucun doute ne peut subsister quant à son utilité, et pourtant l'univers entier cherche querelle à son programme. On serait tenté de dire qu'il n'est point entré dans le plan de la "Création" que l'homme soit "heureux". Ce qu'on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d'une satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une hau...
- Aristote
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Epictète: liberté et désirs
Puisque l’homme libre est celui à qui tout arrive comme il le désire, me dit un fou, je veux aussi que tout m’arrive comme il me plaît. - Eh! Mon ami, la folie et la liberté ne se trouvent jamais ensemble. La liberté est une chose non seulement très belle, mais très raisonnable et il n’y a rien de plus absurde ni de plus raisonnable que de former des désirs téméraires et de vouloir que les choses arrivent comme nous les avons pensées. Quand j’ai le nom de Dion à écrire, il faut que je l’éc...
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KANT: l'unité de la conscience
« Posséder le Je dans sa représentation : ce pouvoir élève l'homme infiniment audessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. Par là, il est une personne : et grâce a l'unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne, c'est-à-dire un être entièrement différent, par le rang et la dignité, de choses comme le sont les animaux sans raison, dont on peut disposer à sa guise : et ceci, même lorsqu'il ne peut pas dire Je. car il l...
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Tout savoir sur Epicure et l'épicurisme.
I. — LES PRINCIPAUX ÉPICURIENS Epicure, le chef de l'épicurisme, naquit à Gargettos, près d'Athènes, vers 340. Il était fils d'un maître d'école et d'une magicienne. On dit que, chargé de prononcer les paroles qui accompagnaient les incantations de sa mère, il puisa dans cette fonction la haine des superstitions. Dès lors, il entreprit de travailler au bonheur de l'homme en l'affranchissant de la crainte des Dieux. Il s'initia à toutes les doctrines enseignées de son temps à Athènes, surtout...
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KANT: Supposons que quelqu'un affirme, en parlant de son penchant au plaisir
Supposons que quelqu'un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu'il lui est tout à fait impossible d'y résister quand se présente l'objet aimé et l'occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potence était dressée pour l'y attacher aussitôt qu'il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant ? On ne doit pas chercher longtemps ce qu'il répondrait. Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince lui ordonnerait, en le menaçant d'u...
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Montesquieu: Les êtres particuliers intelligents
Les êtres particuliers intelligents peuvent avoir des lois qu'ils ont faites : mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites. Avant qu'il y eût des êtres intelligents, ils étaient possibles ; ils avaient donc des rapports possibles, et par conséquent des lois possibles. Avant qu'il y eût des lois faites, il y avait des rapports de justice possibles. Dire qu'il n'y a rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on eût tracé de cercle,...
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ROUSSEAU: la pitié est un sentiment naturel
Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel qui, modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute l'espèce. C'est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir; c'est elle qui, dans l'état de nature, tient lieu de lois, de moeurs et de vertu, avec cet avantage que nul n'est tenté de désobéir à sa douce voix; c'est elle qui détournera tout sauvage robuste d'enlever à un faible en...
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Alexis de TOCQUEVILLE
PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DE LA DEMOCRATIE EN AMERIQUE" DE TOCQUEVILLE Alexis de Tocqueville (1805-1859) est issu d'une famille noble traumatisée par la Révolution et restée fidèle aux valeurs de l'Ancien Régime. Influencé par les philosophes des Lumières, il rompt avec l'héritage familial et voit dans 1789 l'avènement inéluctable d'un nouvel ordre social et politique, fondé sur les principes démocratiques. Mais, dans la France de l'après-Révolution, marquée par les crises politiques et sociale...
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Aristote
La sagess e pratique ou prudence c onstitue selon A ristote le principe qui permet d'accéder à la "vérité pratique". Son exercice consiste en effet à faire apparaître les c hoses telles qu'elles sont, en trouvant l'attitude qui convient à une situation donnée. La conception aristotélic ienne de l'homme prudent s'oppose ainsi au relativisme de l' "homme mesure". Si celui-ci constitue bien une mes ure (norme), ce n'est en aucun cas au sens où, c omme le soutient P rotagoras, ce serait à lui de fix...
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Alain
"[...] Il ne faut pas orienter l'instruction d'après les signes d'une vocation. D'abord parce que les préférences peuvent tromper. Et aussi parce qu'il est toujours bon de s'instruire de ce qu'on n'aime pas savoir. Donc contrariez les goûts, d'abord et longtemps. Celui-là n'aime que les sciences ; qu'il travaille donc l'histoire, le droit, les belles-lettres ; il en a besoin plus qu'un autre. Et au contraire, le poète, je le pousse aux mathématiques et aux tâches manuelles. Car tout homme doit ê...
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Nietzsche
Mais ne devrions-nous pas aujourd’hui sentir enfin la nécessité de procéder à un bouleversement radical des valeurs grâce à un nouveau retour sur nous-mêmes, à un approfondissement nouveau de l’homme? Ne sommesnous pas arrivés au seuil d’une nouvelle période que l’on pourrait, négativement d’abord, qualifier d’extra-morale, puisque chez nous au mois, immoralistes, on commence à soupçonner que la valeur décisive d’un acte réside justement dans ce qu’il a de non-intentionnel, et que tout ce qu’il...
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Aristote
ARISTOTE : LA FINALITÉ RÈGNE DANS LA NATURE Comment expliquer l'organisation, le fonctionnement et l'évolution du vivant ? On peut tenter de le faire en recourant au finalisme, c'est-à-dire en considérant que les formes du vivant sont des réalisations d'anticipations préalables, tout comme la maison est la réalisation du plan de l'architecte, la cause finale de son action. Telle est la position d Aristote, qui étendait la finalité à la nature toute entière. « Il ne faut donc pas céder à une répu...
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Husserl: science et histoire
Les questions que la science exclut par principe sont précisément les questions qui sont les plus brûlantes à notre époque malheureuse pour une humanité abandonnée aux bouleversements du destin : ce sont les questions qui portent sur le sens ou l'absence de sens de toute existence humaine (...) La vérité scientifique, objective, est exclusivement la constatation de ce que le monde — qu'il s'agisse du monde physique ou du monde spirituel — est en fait. Mais est-il possible que le monde et l'être...
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Alain et la politique
Voter, ce n'est pas précisément un des droits de l'homme ; on vivrait très bien sans voter, si l'on avait la sûreté, l'égalité, la liberté. Le vote n'est qu'un moyen de conserver tous ces biens. L'expérience a fait voir cent fois qu'une élite gouvernante, qu'elle gouverne d'après l'hérédité, ou par la science acquise, arrive très vite à priver les citoyens de toute liberté, si le peuple n'exerce pas un pouvoir de contrôle, de blâme et enfin de renvoi. Quand je vote, je n'exerce pas un droit, je...
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Nietzsche et les immoralistes
Mais ne devrions-nous pas aujourd’hui sentir enfin la nécessité de procéder à un bouleversement radical des valeurs grâce à un nouveau retour sur nous-mêmes, à un approfondissement nouveau de l’homme? Ne sommes-nous pas arrivés au seuil d’une nouvelle période que l’on pourrait, négativement d’abord, qualifier d’extramorale, puisque chez nous au mois, immoralistes, on commence à soupçonner que la valeur décisive d’un acte réside justement dans ce qu’il a de non-intentionnel, et que tout ce q...
- Rousseau: Une société a-t-elle nécessairement une finalité ?
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KANT et l'autorité du maître et des lois
Analyse du sujet. Comment démarrer. 1. Si certains sujets de baccalauréat pèchent parfois par leur caractère unilatéral ou unidimensionnel, ce texte de Kant pèche par excès de richesse ! Il concerne la philosophie politique, le problème du pouvoir, celui de l'établissement de la justice, mais aussi l'anthropologie humaine (« Qu'est-ce que l'homme? Est-il bon? Est-il méchant? Qu'est-ce qui le définit ? Quel type de tendances? »). Mais il touche aussi à la sphère de l'éducation. Bref, c'est un...
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ALAIN: Penser et Croire
Penser n'est pas croire. Peu de gens comprennent cela. Presque tous, et ceux-là même qui semblent débarrassés de toute religion, cherchent dans les sciences quelque chose qu'ils puissent croire. Ils s'accrochent aux idées avec une espèce de fureur ; et, si quelqu'un veut les leur enlever, ils sont prêts à mordre. [...] Lorsque l'on croit, l'estomac s'en mêle et tout le corps est raidi ; le croyant est comme le lierre sur l'arbre. Penser, c'est tout à fait autre chose. On pourrait dire : pens...
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Mon bonheur ne dépend-il que de moi ?
Le bonheur semble tenir lieu, à travers les âges, de visée commune à chaque homme et pourtant la conception du bonheur n'a eu de c e s s e de changer. Déjà A ristote dans L'Ethique à Nicomaque place le bonheur au rang de bien suprême, rien apparemment que de très moderne, puisque Freud en montrant que le principe de plais ir continue souvent, après la petite enfance, de guider l'homme, c onstate à son tour l'importance du bonheur dans la vie. C ependant c'est chez A ristote par la contemplation...
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KANT: la méchanceté de la nature humaine
"Quand on songe à la méchanceté de la nature humaine, qui se montre à nu dans les libres relations des peuples entre eux (tandis que dans l'état civil elle est très voilée par l'intervention du gouvernement), il y a lieu de s'étonner que le mot droit n'ait pas encore été tout à fait banni de la politique de la guerre comme une expression pédantesque, et qu'il ne se soit pas trouvé d’État assez hardi pour professer ouvertement cette doctrine. (... ) Toutefois cet hommage que chaque État ren...