262 résultats pour "existence"
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KANT
Le philosophe doit se pencher aussi sur la question de la pratique. Que répondre à la question « que dois-je faire ? » ? « Tous les impératifs ordonnent ou hypothétiquement ou catégoriquement. Les impératifs hypothétiques représentent la nécessité pratique d'une action possible comme moyen pour quelque chose d'autre qu'on désire (ou du moins qu'il est possible qu'on désire) obtenir. L'impératif catégorique serait celui qui représenterait une action comme étant par elle-même, et indépendamment de...
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KANT
Tous les impératifs ordonnent ou hypothétiquement ou catégoriquement. Les impératifs hypothétiques représentent la nécessité pratique d'une action possible comme moyen pour quelque chose d'autre qu'on désire (ou du moins qu'il est possible qu'on désire) obtenir. L'impératif catégorique serait celui qui représenterait une action comme étant par elle-même, et indépendamment de tout autre but, objectivement nécessaire. (...) Il y a un impératif qui nous ordonne immédiatement une certaine conduite,...
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Y a-t-il lieu de distinguer des vérités d'expérience et des vérités de raison ? Les vérités de raison ne sont-elles elles-mêmes que d'anciennes acquisitions de l'expérience? Ou bien faut-il penser qu'elles sont déjà nécessaires à l'homme pour comprendre
Y a-t-il lieu de distinguer des vérités d'expérience et des vérités de raison? Les vérités de raison ne sontelles elles-mêmes que d'anciennes acquisitions de l'expérience? Ou bien faut-il penser qu'elles sont déjà nécessaires à l'homme pour comprendre les enseignements de l'expérience ? Voilà un sujet on ne peut plus classique, mais posé sous une forme nouvelle et en même temps parfaitement claire. Tout candidat qui connaît l'essentiel du problème de la raison a les éléments nécessaires et suffi...
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Le progrès des connaissances scientifiques peut-il menacer l'existence des religions ?
INTRODUCTION Les querelles entre la parole scientifique et la parole religieuse sont fréquentes dans l'histoire. Récemment encore, on a vu aux Etats-Unis que des établissements scolaires refusent d'enseigner la théorie biologique de l'évolution en fonction de motifs religieux ; la théorie selon laquelle l'homme descend du singe s'accorde mal avec l'idée selon laquelle Adam et Eve sont les premiers êtres humains. En contredisant les vérités établies par la religion, les connaissances scientifique...
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Comment suis-je assuré de l'existence d'un monde extérieur ?
Discussion : Il faut ici prendre en considération les réflexions relatives à la perception, et au témoignage toujours sujet à caution de nos sens. Mais l'existence n'est-elle vérifiée que par l'intermédiaire du regard ou du toucher par exemple ? Peut-elle être assurée par l'entendement ? Suggestion de plan : Première partie : Perception et erreur Platon dénigre ce sens qu'est la perception. Il le présente comme étant le sens le plus futile et surtout le moins fiable. Il s'emploie à montrer que...
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Pourquoi affirmer l'existence de la liberté humaine ?
Introduction -Nous avons une intuition irréductible de la liberté en nous : nous savons que nous avons le pouvoir de refuser ou d'accepter tel jugement. -Néanmoins, la liberté peut toujours être expliquée, c'est-à-dire être ressaisie dans un réseau déterminé de causes et d'effets. -La liberté ne peut donc avoir d'autre existence qu'hypothétique, puisqu'elle ne peut être prouvée. Mais plus qu'une simple hypothèse, la liberté prend le sens d'un devoir, d'une exigence conforme à sa nature même. -Qu...
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Sous quel signe le temps place-t-il notre existence ?
Non seulement le temps place notre existence sous le signe de l'irréversible, mais il éveille en nous la possibilité d'une conscience morale : je me reproche mon passé parce que je ne peux rien faire pour annuler les erreurs que j'ai commises. Parce que le temps est irréversible, je crains mon avenir et je porte le poids de mon passé ; parce que mon présent sera bientôt un passé sur lequel je n'aurai aucune prise, je suis amené à me soucier de ma vie. Le temps • Distinguez bien le temps, comme c...
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La prise en compte des différences culturelles vous paraît-elle remettre en question l'existence de valeurs universelles ?
Problématique: C'est l'unité des valeurs humaines qui est en jeu ici, unité menacée par le relativisme moral (l'expression est importante). Il est vrai que d'un continent à l'autre, d'un p a y s à l'autre, pourquoi pas, même, d'une maison à l'autre, les principes moraux peuvent diverger. Les causes sont effectivement culturelles. Mais ne devons-nous pas postuler l'existence de valeurs qui dépassent ces différences ? Si la manière dont on punit le vol ou l'assassinat dans telle culture diverge de...
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L’existence précède l’essence - Jean-Paul Sartre (1905-1980)
L'existence précède l'essence 1 Jean-Paul Sartre (1905-1980) On ne présente plus Jean-Paul Sartre, l'homme qui refusa le prix Nobel en 1964, nul ne méritant « d'êt:re consacré de son vivant», !'écrivain prolifique, symbole de l'intellectuel engagé, le penseur de tous les combats de gauche, s'adressant, juché sur un baril, aux ouvriers de Renault en 1970, le séducteur au physique difficile, entouré de femmes sous l'œil chaperon et vigilant de Simone de Beauvoir. Dramaturge, romancier,...
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Le réel est-il totalement intelligible ?
ÉLÉMENTS DE RÉFLEXION • Se demander ce qu'on peut entendre par « intelligible »; par « totalement intelligible ». — intelligibilité et rationalité. — intelligibilité et raison. • Introduction à la Petite Logique in Morceaux choisis (Gallimard) de Hegel. Citation : « L'on trouve dans la préface de la Philosophie du Droit ces propositions : Ce qui est rationnel est aussi réel, et ce qui est réel est aussi rationnel. Ces propositions bien simples ont été vivement attaquées [...] Mais en ce qui conc...
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Schopenhauer: l'homme, cet "animal métaphysique" (Commentaire de texte)
Schopenhauer: l'homme, cet "animal métaphysique" (Commentaire de texte) Selon Schopenhauer, bien que, comme tout être, l'Homme meurt, cet « animal métaphysique » est particulier, car il ne peut s'empêcher de s'étonner de son existence, et se poser la question de la Création. L'étonnement, c'est là la base de la philosophie. Ayant accédé à la conscience de soi, doué d'intelligence, et conscient de sa finitude, l'Homme voudrait comprendre pourquoi il existe. Il est ainsi différent de tous le...
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Jean-Paul SARTRE: EXISTENCE ET ANGOISSE
VOCABULAIRE SARTRIEN: Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de partir du cogito (« Je pense, donc je suis », Descartes, Méditations métaphysiques, II). Mais Sartre sous-tend le cogito réflexif cartésien (la conscience de soi réfléchie) par un cogito pré-réflexif : une conscience non thétique (irréfléchie) de soi engagée dans toute conscience d'un donné. En outre, le cogito cartésien est modifié par Sartre dans le sens de l'intentionnalité : il n'est absolument pas s...
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David HUME
Cette table même, que nous voyons blanche et que nous sentons dure, nous croyons qu'elle existe indépendamment de notre perception, nous croyons qu'elle est quelque chose d'extérieur à notre esprit qui la perçoit. Notre présence ne lui confère pas l'existence ; notre absence ne l'anéantit pas. Elle conserve une existence invariable et entière, indépendante de la situation des êtres intelligents qui la perçoivent ou la contemplent. Mais cette opinion universelle et primitive de tous les hommes es...
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Arthur SCHOPENHAUER (1788-1860)
Si on situe généralement la naissance de la philosophie dans l’antiquité, à travers l’existence de Socrate et de Platon, l’origine même du sentiment philosophique reste un problème. On reconnaît certes que l’homme est un être qui fait exception dans la nature, de par sa conscience. Il est vrai que seuls, les hommes ont réellement bâti des civilisations et la philosophie apparaît souvent comme une haute forme de culture. Pourtant, qu’est-ce qui nous pousse à philosopher ? Schopenhauer, dans ce te...
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KANT et les cent thalers
« Être n’est évidemment pas un prédicat réel, c’est-à-dire un concept de quelque chose qui puisse s’ajouter au concept d’une chose. C’est simplement la position d’une chose ou de certaines déterminations en soi. […] Le réel ne contient rien de plus que le simple possible. Cent thalers réels ne contiennent rien de plus que cent thalers possibles. Car, comme les thalers possibles expriment le concept, et les thalers réels l’objet et sa position en lui-même, si celui-ci contenait plus que celu...
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Jean-Paul SARTRE
VOCABULAIRE SARTRIEN: Liberté : ce n'est pas une propriété parmi d'autres de l'homme, c'est l'étoffe même de son existence, qui renvoie à cette indétermination (« l'existence précède l'essence ») et à cette ouverture aux possibles qui caractérisent la réalité humaine. Selon une formule récurrente de Sartre, « l'homme est condamné à être libre ». De cette liberté découle sa responsabilité. Elle s'éprouve dans l'angoisse. Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de parti...
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Jean-Paul SARTRE
« Par le je pense, contrairement à la philosophie de Descartes, contrairement à la philosophie de Kant, nous nous atteignons nousmêmes en face de l'autre, et l'autre est aussi certain pour nous que nousmêmes. Ainsi l'homme qui s'atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres et il les découvre comme la condition de son existence. Il se rend compte qu'il ne peut rien être (au sens où on dit qu'on est spirituel ou qu'on est méchant, ou qu'on est jaloux) sauf si les autres le reco...
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Arthur SCHOPENHAUER: Homme, animal métaphysique
Si on situe généralement la naissance de la philosophie dans l'antiquité, à travers l'existence de Socrate et de Platon, l'origine même du sentiment philosophique reste un problème. On reconnaît certes que l'homme est un être qui fait exception dans la nature, de par sa conscience. Il est vrai que seuls, les hommes ont réellement bâti des civilisations et la philosophie apparaît souvent comme une haute forme de culture. Pourtant, qu'est-ce qui nous pousse à philosopher ? Schopenhauer, dans...
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La prise en compte des différences culturelles vous paraît-elle remettre en question l'existence de valeurs universelles ?
Les hommes quels qu'ils soient font tous partie du genre humain. Ils sont tous compris sous ce concept d'humanité. Mais alors, comment se fait-il qu'au sein de ce genre unique, les hommes soient si différents ? Est-ce un problème de culture. Il est vrai que la culture et les traditions de chaque peuple diffèrent. Dans notre culture occidentale, par exemple, nous prenons soin des personnes âgées, cependant dans certaines tribus d'Amazonie, les gens se moquent des personnes âgées, et les laissent...
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Jean-Paul SARTRE
PRESENTATION DE "L'EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME" DE SARTRE Marqué comme oeuvre de circonstance et de vulgarisation, le texte est tiré d'une conférence donnée à Paris en Octobre 1945, qui devait donner l'occasion à Sartre (1905-1980) de répondre à une série d'objections. Il montre que les accusations d'anti-humanisme sont infondées, car sa philosophie ne conduit en rien au mépris de la réalité humaine et de sa valeur. La définition annoncée par le titre est donc en réalité la défense d'une ph...
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Rousseau: Où chercher la vérité : dans les sens ou dans la raison ?
J'existe, et j'ai des sens par lesquels je suis affecté. Voilà la première vérité qui me frappe et à laquelle je suis forcé d'acquiescer. Ai-je un sentiment propre de mon existence, ou ne la sens-je que par mes sensations ? Voilà mon premier doute, qu'il m'est, quant à présent, impossible de résoudre. Car, étant continuellement affecté de sensations, ou immédiatement, ou par la mémoire, comment puis-je savoir si le sentiment du moi est quelque chose hors de ces mêmes sensations, et s'il peut êtr...
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Freud: L'idée d'inconscient
exclut-elle l'idée de liberté ?
Notre propre passé ne nous empêche-t-il pas d'être libre ? En effet, nous ne décidons pas de ce que nous voulons. Or, sans ce choix, qu'il relève de la liberté d'indifférence ou du libre arbitre, la liberté peut être une illusion dont seul le savoir peut nous affranchir. Cependant, nous ne pouvons pas tout savoir et, si nous savions tout, nous n'aurions plus de choix possible, puisque nous serions tenus d'agir en fonction de l'enchaînement des choses. La liberté serait-elle donc une résultante d...
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Pensez-vous que la conscience puisse nuire à l'homme ?
Introduction Il paraît à première vue incongru d e penser que la conscience puisse nuire, tant elle s e présente naturellement comme un élément omniprésent d e notre existence et d e notre rapport au monde. C'est au contraire l'absence d e conscience qui s e trouve qualifiée d e néfaste : une personne "inconsciente" est ainsi décrite comme moralement irresponsable, incapable d'une vie pleinement humaine. Cependant, la nécessité de la conscience doit être interrogée : constitue-t-elle une libérat...
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La liberté se prouve plus qu'elle ne s'éprouve ?
Introduction : ‡ Bien définir les termes du sujet : - « Liberté » : le plus généralement, elle consiste dans le fait de pouvoir se mouvoir sans contraintes, de juger et agir en pleine conscience. C'est le pouvoir de se déterminer rationnellement sans y être contraint par une force extérieure. - « Se prouve » : prouver, c'est faire apparaître ou reconnaître quelque chose comme vrai, réel, certain, au moyen de preuves. C'est démontrer. - « S'éprouve » : Terme qui peut avoir plusieurs sens, c'est e...
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Husserl: De simples sciences de faits forment une simple humanité de fait...
De simples sciences de faits forment une simple humanité de fait... Dans la détresse de notre vie... cette science n'a rien à nous dire. Les questions qu'elle exclut par principe sont précisément les questions qui sont les plus brûlantes à notre époque malheureuse pour une humanité abandonnée aux bouleversements du destin : ce sont les questions qui portent sur le sens ou l'absence de sens de toute cette existence humaine... Ces questions atteignent finalement l'homme en tant que dans son...
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F. HEGEL: Les choses de la nature
Les choses de la nature n’existent qu’immédiatement et d’une seule façon, tandis que l’homme, parce qu’il est esprit, a une double existence ; il existe d’une part au même titre que les choses de la nature, mais d’autre part, il existe aussi pour soi. Il se contemple, se représente à lui-même, se pense et n’est esprit que par cette activité qui constitue un être pour soi. Cette conscience de soi, l’homme l’acquiert de deux manières : primo, théoriquement, parce qu’il doit se pencher sur lu...
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KANT: Mais qu'en est-il de la satisfaction (acquiescentia) pendant la vie ?
Texte à commenter : « Mais qu'en est-il de la satisfaction (acquiescentia) pendant la vie ? Elle n'est pas accessible à l'homme : ni dans un sens moral (être satisfait de soimême pour sa bonne volonté) ni dans un sens pragmatique (être satisfait du bien-être qu'on pense pouvoir se procurer par l'habileté et l'intelligence). La nature a placé en l'homme, comme stimulant de l'activité, la douleur à laquelle il ne peut se soustraire afin que le progrès s'accomplisse toujours vers le mieux ; et même...
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L'ordre de l'univers suppose-t-il l'existence d'un Dieu créateur ?
[Les lois physiques qui gouvernent l'univers supposent que celui-ci a été ordonné par un être intelligent. L'univers est régi par une loi physique universelle: la loi de la gravitation. Cette loi est constante et peut être exprimée à l'aide de formules mathématiques. C'est trop beau pour être un hasard, il faut donc qu'un être intelligent l'ait voulu.] Un être intelligent a ordonné l'univers Isaac Newton présente dans les Principes la loi de la gravitation universelle. Tous les corps sont soumi...
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La religion n'est-elle qu'une consolation infantilisante ?
Introduction La religion est l'ensemble des discours, des représentations et des pratiques émanant d'une révélation donnée qui a pour fonction de relier l'ici bas et l'au-delà, le visible et l'invisible. Une consolation est l'opération par laquelle on compense la perte d'un objet par un autre approximativement équivalent : par exemple, la perte de la peluche est compensée par un tour de manège pour l'enfant malheureux. Si ce qui est infantile Est-ce est propre à l'enfance, ce qui est infantilisa...
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Hume et la perception
Cette table même, que nous voyons blanche et que nous sentons dure, nous croyons qu'elle existe indépendamment de notre perception, nous croyons qu'elle est quelque chose d'extérieur à notre esprit qui la perçoit. Notre présence ne lui confère pas l'existence ; notre absence ne l'anéantit pas. Elle conserve une existence invariable et entière, indépendante de la situation des êtres intelligents qui la perçoivent ou la contemplent. Mais cette opinion universelle et primitive de tous les hommes es...
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Le savoir exclut-il nécessairement la croyance ?
Analyse du sujet : La forme du sujet est une question fermée. Il faudra donc apporter une réponse en « oui » ou « non » en conclusion, avec toutes les nuances qui s'imposent. Notre question fait intervenir les notions de savoir et de croyance, et les met en relation par le verbe « exclure ». L'exclusion peut se penser selon différentes modalités, ce qui constitue la difficulté majeure du sujet : L'exclusion peut premièrement se penser sous sa forme la plus radicale : « ce qui implique l'impossib...
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KANT
"N'a-t-on pas un mot qui désignerait, non une jouissance comme le mot bonheur, mais qui cependant indiquerait une satisfaction liée à notre existence, un analogue du bonheur qui doit nécessairement accompagner la conscience de la vertu ? Si ! Ce mot existe, c'est contentement de soi-même, qui au sens propre ne désigne jamais qu'une satisfaction négative liée à l'existence, par laquelle on a conscience de n'avoir besoin de rien. La liberté et la conscience de la liberté, comme conscience d'un pou...
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Discuter cette pensée de Henri Bergson : Avec ses applications qui ne visent que la commodité de l'existence, la science nous promet le bien-être, tout au plus le plaisir. Mais la philosophie pourrait nous donner la Joie.
PLAN. Introduction. — Depuis que les sciences se sont détachées de la philosophie, on a souvent tantôt rapproché, tantôt opposé science et philosophie. Henri Bergson compare les avantages que ces deux types de connaissance peuvent avoir pour l'homme lorsqu'il écrit : Discuter cette pensée de Henri Bergson : Avec ses applications qui ne visent que la commodité de l'existence, la science nous promet le bien-être, tout au plus le plaisir. Mais la philosophie pourrait nous donner la Joie. Les deux a...
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LEIBNIZ: une infinité d'univers possibles
PRESENTATION DES "ESSAIS DE THEODICEE" DE LEIBNIZ Cet ouvrage tardif et volumineux, écrit dans un style exotérique, contraste avec les courts traités très ramassés et techniques que sont le Discours de métaphysique ou la Monadologie. Il a pour objet la justice de Dieu. Le néologisme « théodicée » est formé à partir des deux mots grecs de Dieu et de justice. Leibniz (1646-1716) y reprend la question théologique lancinante de l'existence du mal dans le monde, qui semble une injure incompatibl...
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Meditations metaphysiques, meditation VI
Texte : Or il n'y a rien que cette nature m'enseigne plus expressément, ni plus sensiblement, sinon que j'ai un corps qui est mal disposé quand je sens de la douleur, qui a besoin de manger ou de boire, quand j'ai les sentiments de la faim ou de la soif, etc. Et partant je ne dois aucunement douter qu'il n'y ait en cela quelque vérité. // La nature m'enseigne aussi par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc., que je ne suis pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu'un pilote en...
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Est-il possible de concilier l'existence de lois psychologiques avec l'affirmation de notre liberté spirituelle ?
INTRODUCTION. - Le problème de la liberté met le penseur devant une pénible alternative : s'il le résout par la négative, il renonce au devoir et à la morale; d'autre part, une solution affirmative, soustrayant la vie psychologique au domaine du déterminisme, semble la rendre irrationnelle et inintelligible. Pour satisfaire l'esprit, il faudrait concilier l'existence de lois psychologiques avec l'affirmation de notre liberté spirituelle. Cette conciliation est-elle possible ? I. — THÈSE : LES lO...
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La politique peut-elle contribuer au bonheur des individus ?
Oui, mais indirectement : elle doit garantir les conditions du bonheur pour chacun, c' est-à-dire les droits de chacun qui puissent lui permettre de mener une existence privée. On n'est citoyen que pour être homme ; tout n'est pas politique (l'affirmation du contraire définit une forme de totalitarisme). La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 stipule que "le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme" le premi...
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Husserl et la géométrie
Le géomètre, lorsqu'il trace au tableau ses figures, forme des traits qui existent en fait sur le tableau qui lui-même existe en fait. Mais, pas plus que le geste physique de dessiner, l'expérience de la figure dessinée, en tant qu'expérience, ne fonde aucunement l'intuition et la pensée qui portent sur l'essence géométrique. C'est pourquoi il importe peu qu'en traçant ces figures il soit ou non halluciné et qu'au lieu de dessiner réellement il projette ses lignes et ses constructions dans...
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Connaissez-vous DESCARTES (René) ?
DESCARTES (René) : 1596-1650 Philosophe français. Né à La Haye, en Touraine, il fait ses études chez les Jésuites au collège de La Flèche. Il étudie ensuite le droit, puis s'engage dans l'armée hollandaise, fait la guerre et voyage beaucoup. En 1629, i! se retire en Hollande, où il restera 20 ans, pour rédiger sa doctrine. Il meurt à Stockholm où, invité par Christine de Suède, il s'était rendu à la fin de l'année 1649. Le principal souci de Descartes fut de fonder la philosophie sur des pr...
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Aristote et la quiddité de la maison
"Puisqu'on doit connaître l'existence de la chose comme quelque chose de donné, il est évident que ce qu'on cherche, c'est pourquoi la matière est telle chose. Par exemple : ces matériaux sont une maison, pourquoi ? Parce que à ces matériaux appartient la quiddité de la maison. On dira de même que cette chose-ci est un homme, ou plutôt ce corps possédant telle forme est un homme. De sorte que ce que nous recherchons, c'est la cause (c'est-à-dire la forme), en raison de laquelle la matière...
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Vocabulaire: ONTOLOGIQUE.
ONTOLOGIQUE. Qui concerne l'être. Pour Heidegger, ontologique est synonyme d'existential. — Preuve ontologique : argument de la preuve de l'existence de Dieu, défendu par saint Anselme, Descartes et Leibniz, selon lequel, l'existence étant une perfection, Dieu existe nécessairement.
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HEGEL: Le langage comme condition de la pensée
Hegel engage sa réflexion sur la possibilité de la synthèse entre l'aspect subjectif et l'aspect objectif de la conscience. Le langage est un moyen terme entre ces deux aspects, ce par quoi la conscience obtient l'existence. Le langage permet à l'homme de concevoir la nature. Et on ne peut la concevoir sans lui, quel que soit l'envie qu'on en a. De même, il n'est pas possible d'exprimer la conscience autrement que par le recours au langage, quelle que soit la prétention de l'ineffable. H...
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Aristote
"Que ce qui est soit, quand il est, et que ce qui n'est pas ne soit pas, quand il n'est pas, voilà qui est vraiment nécessaire. Mais cela ne veut pas dire que tout ce qui est doive nécessairement exister, et que tout ce qui n'est pas doive nécessairement ne pas exister; car ce n'est pas la même chose de dire que tout être, quand il est, est nécessairement, et de dire, d'une manière absolue, qu'il est nécessairement. Il en est de même pour tout ce qui n'est pas. — C'est la même distinction qui s'...
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Karl Heinrich MARX (1818-1883)
L'augmentation des besoins et des moyens de les satisfaire engendre la pénurie de besoins et l'indigence. Comment cela ? L'économiste nous en fournit la preuve : 1°) Il réduit les besoins de l'ouvrier à la subsistance la plus indispensable et la plus misérable de la vie physique ; il réduit son activité au mouvement mécanique le plus abstrait ; et il dit que l'homme n'a pas d'autres besoins, ni activité, ni jouissance, car, cette vie-là, il la proclame humaine, existence humaine. 2°) Pour base d...
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Freud: Avons-nous accès à l'inconscient ?
L'inconscient, qu'on ne peut, par définition, connaître directement, semble pourtant se révéler à nous. Mais ses multiples manifestations ne semblent pas toutes désirables. Est-il possible de les maîtriser, et n'est-ce pas là la fonction de la conscience ? N'est-ce pas aussi le but de l'éducation, qui serait en un sens une accession à la conscience ? On se demande toutefois si une telle maîtrise de soi s'accomplit vraiment pour soi, ou seulement pour autrui, comme contrainte limitative de la per...
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Nietzsche et la création des concepts
Il ne faut pas interpréter cette nécessité où nous nous sommes de créer des concepts, des espèces, des formes, des fins, des loin (un monde de cas identiques) comme si elle devait nous mettre en mesure de fixer ce qu'est le monde vrai; il faut y voir la nécessité de nous accommoder un monde qui nous rende l'existence possible; nous créons par là un monde qui nous paraît prévisible, simplifié, intelligible, etc. Cette même nécessité existe dans l'activité des sens, soutenue par l'entendement, qui...
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FREUD: les actes manqués et les rêves
On nous conteste de tous côtés le droit d'admettre un psychique inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l'hypothèse de l'inconscient est nécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples preuves de l'existence de l'inconscient. Elle est nécessaire, parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ; aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, et il se produit fréquemment des actes psychiques qui, po...
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KANT
PRESENTATION DE "IDEE D'UNE HISTOIRE UNIVERSELLE D'UN POINT DE VUE COSMOPOLITIQUE" DE KANT Cet opuscule marque la première intervention de Kant (1724-1804) dans les débats de ses contemporains sur l'histoire. Il défend la croyance au progrès de l'humanité contre les ennemis des Lumières, qui prônent le conservatisme en affirmant la supériorité des traditions sur la raison (Burke) et contre certains penseurs des Lumières, qui rejettent l'idée d'un progrès global et uniforme de l'humanité (Mendels...
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Aristote
La plus importante question à poser, ce serait de demander quel concours apportent les Idées aux êtres sensibles, qu'il s'agisse des êtres éternels ou des êtres générables et corruptibles. En effet, elles ne sont pour ces êtres causes d'aucun mouvement, ni d'aucun changement. Elles ne sont plus d'aucun secours pour la science des autres êtres (elles n'en sont pas, en effet, la substance, sinon elles seraient en eux), ni pour expliquer leur existence, car elles ne sont du moins pas immanentes aux...
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Nietzsche: Science et conviction
« On dit avec juste raison que, dans le domaine de la science, les convictions n'ont pas droit de cité : c'est seulement lorsqu'elles se décident à adopter modestement les formes provisoires de l'hypothèse, du point de vue expérimental, de la fiction régulatrice, qu'on peut leur concéder l'accès du domaine de la connaissance et même leur y reconnaître une certaine valeur (...). - Mais cela ne revient-il pas, au fond, à dire que c'est uniquement lorsque la conviction cesse d'être conviction qu'el...