117 résultats pour "mème"
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Tous les hommes ont-ils les mêmes devoirs ?
Position de la question. La plupart des moralistes classiques ont posé le Devoir comme une loi abstraite et universelle, s'appliquant ne varietur à tous les hommes et à toutes les situations. Selon RENAN, au contraire, « il n'y a pas deux hommes qui aient les mêmes devoirs ». Qui a raison? Universalité et détermination des valeurs. Il ne saurait être question de nier ni le devoir en tant que règle impérative ni son universalité. Mais les valeurs, qui s'imposent à la conscience dans le devoir se...
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Etre soi-meme, cela a t il un sens?
« Être soi-même », cela a-t-il un sens ? .« Faites comme chez vous ! » dit l’hôte à ses invités. Mais combien d’entre nous oseraient réellement agir comme s’ils étaient « chez eux » ? Rentrer chez l’hôte, l’autre, c’est accepter de sortir de soi et d’entrer dans une mise en scène où chaque geste est influencé par des règles implicites. « Le monde est un vaste théâtre », affirmait alors Shakespeare : une scène universelle où chacun porte un masque et interprète son rôle. Dans ce contexte,...
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Alain
C onscience. C 'est le s avoir revenant s ur lui-même en prenant pour centre la personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger. C e mouvement intérieur est dans toute pensée ; car celui qui ne se dit pas finalement : "Que dois-je penser ?"ne peut pas être dit penser. La cons cience est toujours implicitement morale ; et l'immoralité consis te toujours à ne point vouloir penser qu'on pense, et à ajourner le jugement intérieur. O n n o m m e bien inconsc ients ceux qui...
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Alain
La conscience est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger. Ce mouvement intérieur est dans toute pensée ; car celui qui ne dit pas finalement : « Que dois-je penser ? » ne peut être dit penser. La conscience est toujours implicitement morale ; et l'immoralité consiste toujours à ne point vouloir penser qu'on pense, et à ajourner le jugement intérieur. On nomme bien inconscients ceux qui ne se posent auc...
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Bergson
Nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent des genres... Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d'âme qui se dérobent à nous dans ce qu'ils ont d'intime, de personnel, d'originalement vécu. Quand nous éprouvons de l'amour ou de la haine, quand...
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Alain
La liberté des opinions ne peut être sans limites. Je vois qu'on la revendique comme un droit tantôt pour une propagande, tantôt pour une autre. O r, on comprend pourtant bien qu'il n'y a pas de droit sans limites; cela n'est pas possible, à moins que l'on ne se place dans l'état de liberté et de guerre, où l'on peut bien dire que l'on se donne tous les droits, mais où, aussi, l'on ne possède que ceux que l'on peut maintenir par sa propre force. M ais dès que l'on fait société avec d'autres, les...
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Arthur SCHOPENHAUER (1788-1860)
" La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui des mêmes intrigues qu'hier et que de tout temps : elle doit donc reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes, survenus en Orient comme en Occident ; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances, des costumes et des moeurs. C...
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HOBBES: L'universalité d'un même nom donné à plusieurs choses
L'universalité d'un même nom donné à plusieurs choses est cause que les hommes ont cru que ces choses étaient universelles elles-mêmes, et ont soutenu sérieusement qu'outre Pierre, Jean et le reste des hommes existants qui ont été ou qui seront dans le monde il devait encore y avoir quelque autre chose que nous appelons l'homme en général ; ils se sont trompés en prenant la dénomination générale ou universelle pour la chose qu'elle signifie. En effet lorsque quelqu'un demande à un peintre...
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HOBBES: Lorsqu'un homme a observé assez souvent
Texte : Lorsqu'un homme a observé assez souvent que les mêmes causes antécédentes sont suivies des mêmes conséquences, pour que toutes les fois qu'il voit l'antécédent il s'attende à voir la conséquence ; ou que lorsque qu'il voit la conséquence il compte qu'il y a eu le même antécédent, alors il dit que l'antécédent et le conséquent sont des signes l'un de l'autre ; c'est ainsi qu'il dit que les nuages sont des signes de la pluie qui doit venir, et que la pluie est un des signes des nuages...
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Alain
ALAIN : UNE PENSÉE QUI NE DOUTE PLUS, LE FANATISME Il ne suffit pas de condamner le fanatisme. Il faut chercher à le comprendre. Il faut s'interroger sur les manières de penser qu'il met en oeuvre, pour mieux différencier ses idées et jugements de ceux qu'exige la démarche philosophique. « Il y a un fond d'estime, et même quelquefois une secrète admiration, pour des hommes qui mettent enjeu leur propre vie, et sans espérer aucun avantage ; car nous ne sommes point fiers de faire si peu et de ri...
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« Les propriétés des animaux et leurs divers caractères y sont exprimés ; par conséquent les nôtres aussi, puisque nous sommes l'abrégé de ce qu'il y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables », écrit La Fontaine dans sa Préface au premier
La citation expose une conviction du fabuliste, fortement argumentée («par conséquent»). Bien dépeindre les animaux équivaut à bien dépeindre les hommes. De fait les fables illustrent en permanence le «passage de l'animal à l'homme». C'est à la fois un artifice poétique et une conviction philosophique. I. De l'animal à l'homme La Fontaine peint les animaux pour eux-mêmes et pour leur ressemblance avec les hommes. Des animaux décrits pour eux-mêmes Dans la fable ésopique, les animaux étaient de...
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Autrui est-il le seul objet de nos devoirs ?
Difficulté : ici, plusieurs notions du programme s e rencontrent. A ins i on trouve les notions de "devoir" et "autrui"' mais aussi précisons que la notion de "devoir" est également au carrefour entre les notions de droit et de morale. Je précise par ailleurs que s i nous avons des devoirs envers nous-mêmes ce sera sans doute alors l'occasion de convier la notion de "bonheur" (cf. la distinction eudémonisme et hédonisme). A vantage : sujet plus large plus libre' donc' que le second. Le devoir :...
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Spinoza: passions, lois et politique.
Si les hommes étaient ainsi disposés par la nature qu'ils n'eussent de désir que pour ce qu'enseigne la vraie raison, certes la société n'aurait besoin d'aucune loi, il suffirait simplement d'éclairer les hommes par des enseignements moraux pour qu'ils fassent d'eux-mêmes et d'une âme libre ce qui est vraiment utile. Mais tout autre est la disposition de la nature humaine; tous observent bien leur intérêt, mais ce n'est pas suivant l'enseignement de la droite raison; c'est le plus souvent entraî...
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Schopenhauer et l'Histoire
La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui des mêmes intrigues qu'hier et que de tout temps : elle doit donc reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes, survenus en Orient comme en Occident ; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances, des costumes et des mœurs. Cet...
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DESCARTES: ce serait être imprudent que de vouloir persuader la joie à une personne
Je sais bien que ce serait être imprudent que de vouloir persuader la joie à une personne, à qui la fortune envoie tous les jours de nouveaux sujets de déplaisir, et je ne suis point de ces philosophes cruels, qui veulent que leur sage soit insensible. Mais il me semble que la différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste, principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses,...
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Notes de cours: RAISON - IDEE - JUGEMENT.
1) Qu'est-ce que la raison? L'homme commence par se fier à ses sens et à ses impressions. Mais, il lui apparaît que sensations et impressions sont imparfaites, relatives, et qu'elles doivent être contrôlées par un travail de critique. Un arbitrage est nécessaire. C'est la raison qui le rendra possible. Par opposition aux formes inférieures de la conscience, la raison se définit d'abord comme la faculté de l'universel. Elle se montre comme la faculté de mettre d'accord les esprits entre eux. Les...
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SPINOZA: RAISON ET PASSIONS
Introduction Le désir pour Spinoza est une puissance d'affirmation de soi. Le désir est source de toute évaluation, la mise en relief du monde à partir des valeurs qu'il produit. Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne. C'est au contraire parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne. Telle est la thèse que l'on doit tirer de Ethique, Troisième partie proposition 6. Selon Spinoza le désir exprime le conatus c'est-à-dire l'effort pour persévérer dans l'être, qui défi...
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Vocabulaire: PARTICIPATION.
PARTICIPATION. Action d'avoir part. — « L'existence de la partie est toujours participée »(L. Lavelle.) — Pour Platon, c'est le lien entre les Idées et les êtres. — soc. : Participations mystiques :« Dans les représentations de la mentalité primitive les objets, êtres, phénomènes peuvent être à la fois eux-mêmes et autre chose qu'eux-mêmes. n (Lévy-Bruhl).
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Les principes de la démonstration sont-ils eux-mêmes démontrables ?
Les principes de la démonstration sont-ils eux-mêmes démontrables ? Il est ici question de la fondation de la démonstration comme élément de base de tout raisonnement scientifique. Il est question de ce qui est à la base d celle-ci, c'est-à-dire des principes et des axiomes. Il s'agit de connaître la nature véritable des principes, et de leur possible justification au risque d'une régression à l'infini. Comment naissent les principes, puisqu'ils ne sont pas démontrables, sont-ils arbitraires ? L...
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NIETZSCHE: «Nous croyons savoir
quelque chose des choses elles-mêmes quand nous parlons d'arbres, de
couleurs, de neige et de fleurs, et nous ne possédons cependant rien
que des métaphores des choses...»
Thème 404 NIETZSCHE: «Nous croyons savoir quelque chose des choses elles-mêmes quand nous parlons d'arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, et nous ne possédons cependant rien que des métaphores des choses...» Les mots sont toujours des métaphores. «Nous croyons savoir quelque chose des choses elles-mêmes quand nous parlons d'arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, et nous ne possédons cependant rien que des métaphores des choses, qui ne correspondent pas du tout aux entités originelles....
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Descartes, Cogito ergo sum : «Je pense donc je suis »
PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DISCOURS DE LA METHODE DE DESCARTES Premier texte philosophique paru en langue française, préfaçant les Essais scientifiques, le Discours de la méthode retrace le parcours intellectuel de son auteur, depuis l'incertitude de l'école et de ses livres jusqu'à la fondation inébranlable du cogito et des fruits qui en découlent. Descartes (1596-1650) prend ses distances avec le long héritage aristotélicien véhiculé par la philosophie scolastique : cela se lit aussi bien...
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Aristote
ARISTOTE : DANGER DE L'AMBIGUÏTÉ DU LANGAGE Parce que le langage est l'instrument de la pensée, la pensée peut être induite en erreur par les défauts du langage. Aristote explique ici la raison de l'ambiguïté du langage, l'une des principales source des faux raisonnements. « Puisqu'il n'est pas possible d'apporter dans la discussion les choses elles-mêmes, mais qu'au lieu des choses nous devons nous servir de leurs noms comme de symboles, nous supposons que ce qui se passe dans les noms se passe...
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Notes de cours: L'HISTOIRE
Introduction: Rien n'est immuable, tout se transforme. Rien ne se fige, tout se meut: l'hémorragie du temps en ma conscience; les choses elles-mêmes... Depuis, le livre de Le Bon: « L'évolution de la matière » : matière se transforme en ses structures mêmes et l'étude de la radioactivité a confirmé une sorte de vie, de mobilité de la matière: carbone 14 --» carbone 13, les éléments lourds tels que l'uranium, le radium se désintègrent en émettant des rayonnements. Pierre et Marie Curie ont montré...
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Lucrèce
PRESENTATION DE L'OEUVRE "DE LA NATURE DES CHOSES" DE LUCRECE De la nature des choses est l'unique oeuvre de Lucrèce (vers 98-55 av. J.-C.), auteur latin du 1er siècle avant J.-C. Écrit dans des temps très troublés, propices à la superstition, ce vaste poème philosophique entend guérir les hommes de leurs peurs et de leurs illusions en suivant la voie ouverte par Épicure : fonder la possibilité de la vie heureuse sur une connaissance rationnelle de la nature. Mais Lucrèce ne se contente pas d'in...
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David HUME
La différence (...) est très vaste entre le jugement et le sentiment. Tout sentiment est juste, parce que le sentiment n'a référence à rien au-delà de lui-même et qu'il est partout réel où l'homme en est conscient. Mais toutes les déterminations de l'entendement ne sont pas justes, parce qu'elles portent référence à quelque chose au-delà d'elles-mêmes, c'est-à-dire, à la réalité, et qu'elles ne sont pas toujours conformes à cette norme. (...) Au contraire, un millier de sentiments différents, ex...
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DESCARTES et la puissance de bien juger
PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DISCOURS DE LA METHODE DE DESCARTES Premier texte philosophique paru en langue française, préfaçant les Essais scientifiques, le Discours de la méthode retrace le parcours intellectuel de son auteur, depuis l'incertitude de l'école et de ses livres jusqu'à la fondation inébranlable du cogito et des fruits qui en découlent. Descartes (1596-1650) prend ses distances avec le long héritage aristotélicien véhiculé par la philosophie scolastique : cela se lit aussi bien...
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LEIBNIZ: La raison est la vérité
PRESENTATION DES "ESSAIS DE THEODICEE" DE LEIBNIZ Cet ouvrage tardif et volumineux, écrit dans un style exotérique, contraste avec les courts traités très ramassés et techniques que sont le Discours de métaphysique ou la Monadologie. Il a pour objet la justice de Dieu. Le néologisme « théodicée » est formé à partir des deux mots grecs de Dieu et de justice. Leibniz (1646-1716) y reprend la question théologique lancinante de l'existence du mal dans le monde, qui semble une injure incompatib...
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Jean-Paul SARTRE
PRESENTATION DE "L'EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME" DE SARTRE Marqué comme oeuvre de circonstance et de vulgarisation, le texte est tiré d'une conférence donnée à Paris en Octobre 1945, qui devait donner l'occasion à Sartre (1905-1980) de répondre à une série d'objections. Il montre que les accusations d'anti-humanisme sont infondées, car sa philosophie ne conduit en rien au mépris de la réalité humaine et de sa valeur. La définition annoncée par le titre est donc en réalité la défense d'une ph...
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Rousseau: La nature est-elle
égalitaire ?
" [...] il est aisé de voir qu'entre les différences qui distinguent les hommes, plusieurs passent pour naturelles qui sont uniquement l'ouvrage de l'habitude et des divers genres de vie que les hommes adoptent dans la société. Ainsi un tempérament robuste ou délicat, la force ou la faiblesse qui en dépend, viennent souvent plus de la manière dure ou efféminée dont on a été élevé, que de la constitution primitive des corps. Il en est de même des forces de l'esprit, et non seulement l'éducation m...
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KANT: la personne humaine comme fin en soi
"Or je dis: l'homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré ; dans toutes ces actions, aussi bien dans celles qui le concernent luimême que dans celles qui concernent d'autres êtres raisonnables, il doit toujours être considéré en même temps comme fin. Tous les objets des inclinations n'ont qu'une valeur conditionnelle; car, si les inclinations et les besoins qui en dérivent n'existaie...
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Bergson
Texte : Quand je me promène pour la première fois, par exemple, dans une ville où je séjournerai, les choses qui m'entourent produisent en même temps sur moi une impression qui est destinée à durer, et une impression qui se modifiera sans cesse. Tous les jours j'aperçois les mêmes maisons, et comme je sais que ce sont les mêmes objets, je les désigne constamment par le même nom, et je m'imagine aussi qu'elles m'apparaissent toujours de la même manière. Pourtant, si je me reporte, au bout d'un as...
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Jean-Paul SARTRE
VOCABULAIRE SARTRIEN: Liberté : ce n'est pas une propriété parmi d'autres de l'homme, c'est l'étoffe même de son existence, qui renvoie à cette indétermination (« l'existence précède l'essence ») et à cette ouverture aux possibles qui caractérisent la réalité humaine. Selon une formule récurrente de Sartre, « l'homme est condamné à être libre ». De cette liberté découle sa responsabilité. Elle s'éprouve dans l'angoisse. Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de parti...
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Expliquez et discutez cette réflexion de Lanza del Vasto extrait de Le pèlerinage aux sources (1943) « Ceux qui veulent le bien des travailleurs devraient se soucier moins de leur obtenir un bon salaire, de bons congés, de bonnes retraites, qu'un bon tra
Sujet : Expliquez et discutez cette réflexion de Lanza del Vasto extrait de Le pèlerinage aux sources (1943) « Ceux qui veulent le bien des travailleurs devraient se soucier moins de leur obtenir un bon salaire, de bons congés, de bonnes retraites, qu'un bon travail qui est le premier de tous les biens. » Proposition de plan Introduction Nouvelles idées relatives aux conditions de vie : « le bonheur en plus » ; la « qualité de la vie ». Les revendications ne portent plus seulement sur la quantit...
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Heidegger: oui et non à la technique.
HEIDEGGER : DIRE "OUI" ET "NON" À LA TECHNIQUE Le développement accéléré et envahissant de la technique dans le monde moderne oblige à repenser les rapports que l'homme entretient avec elle : primitivement instrument de l'homme, la technique semble en effet en passe de faire de l'homme son instrument. Aussi est-ce au moyen de se libérer de la technique tout en l'utilisant que nous invite à réfléchir Heidegger. « Nous pouvons utiliser les objets techniques et nous en servir normalement,...
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« L'idée de cause et d'effet est dérivée de l'expérience qui, nous présentant certains objets constamment unis, produit en nous une telle habitude de les envisager dans cette relation, que nous ne pouvons plus sans nous faire sensiblement violence les en
Aux yeux de Hume la notion de causalité est très énigmatique parce qu'au nom de ce principe de causalité, nous affirmons à tout moment plus que nous ne voyons, nous ne cessons de dépasser l'expérience immédiate. Par exemple, au nom du principe de causalité (les mêmes causes produisent les mêmes effets, or l'échauffement est la cause de l'ébullition) je dis que l'eau que je viens de mettre sur le feu va bouillir ; je prévois l'ébullition de cette eau, je tire donc « d'un objet une conclusion qui...
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KANT
« Newton pouvait non seulement pour lui, mais pour tout autre, décrire clairement, et déterminer pour ses successeurs, les démarches qu'il eut à faire depuis les premiers éléments de la géométrie jusqu'à ses grandes et profondes découvertes ; mais aucun Homère, aucun Wieland ne pourrait montrer comment ses idées riches en poésie et pourtant lourdes de pensées surgissent et s'assemblent dans son cerveau, car lui-même ne le sait pas et il ne peut donc l'enseigner à un autre. En matière de science...
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David HUME: Différence entre jugement et sentiment
La différence (...) est très vaste entre le jugement et le sentiment. Tout sentiment est juste, parce que le sentiment n'a référence à rien au-delà de lui-même et qu'il est partout réel où l'homme en est conscient. Mais toutes les déterminations de l'entendement ne sont pas justes, parce qu'elles portent référence à quelque chose au-delà d'elles-mêmes, c'est-à-dire, à la réalité, et qu'elles ne sont pas toujours conformes à cette norme. (...) Au contraire, un millier de sentiments différents, ex...
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LOCKE: l'âme est une table rase
Supposons donc qu'au commencement l'âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu'elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l'imagination de l'homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? À cela, je réponds en...
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Jean-Paul SARTRE: s'arracher à la moite intimité gastrique
Connaître, c'est "s'éclater vers"; s'arracher à la moite intimité gastrique pour filer, là-bas, par delà soi, vers ce qui n'est pas soi, là-bas, près de l'arbre et cependant hors de lui, car il m'échappe et me repousse et je ne peux pas plus me perdre en lui qu'il ne se peut diluer en moi : hors de lui, hors de moi. Est-ce que vous ne reconnaissez pas dans cette description vos exigences et vos pressentiments ? Vous saviez bien que l'arbre n'était pas vous, que vous ne pouviez pas le faire...
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BERGSON: Liberté et déterminisme
Introduction : Dans le chapitre III de son Essai sur les données immédiates de la conscience, Bergson cherche à établir ce qu'est un acte libre. Un acte serait libre lorsqu'il émane du moi. Or des actes qui proviennent de notre moi peuvent nous apparaître après coup déterminés par les circonstances qui le précèdent. Si un ac te est déterminé, alors il n'est pas libre. Il s'agit donc pour Bergson de récuser la thèse du déterminisme qui nie la pos sibilité de l'acte libre en concevant tous nos act...
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KANT: Comment sortir de l'état de minorité ?
Il est donc difficile pour chaque individu séparément de sortir de la minorité qui est presque devenue pour lui, nature. Il s'y est si bien complu, et il est pour le moment réellement incapable de se servir de son propre entendement, parce qu'on ne l'a jamais laissé en faire l'essai. Institutions (préceptes) et formules, ces instruments mécaniques de l'usage de la parole ou plutôt d'un mauvais usage des dons naturels, (d'un mauvais usage raisonnable) voilà les grelots que l'on a attachés au pied...
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Alain
Cette « précieuse série », émotion-passion-sentiment, comme la qualifie Alain, est sans doute une des parties à la fois les plus originales et les plus profondes de son oeuvre. Quant à la méthode directe qui l'anime, elle procède de diverses influences qui s'y composent en une synthèse très personnelle. On y retrouve l'idée de série, qu'il doit à Auguste Comte, comme celle de la hiérarchie des sciences par exemple, l'analyse réflexive qui commande chez son maître Lagneau l'étude de la perception...
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Baruch SPINOZA
D'ailleurs, tous les préjugés que j'entreprends de signaler ici dépendent d'un seul : les hommes supposent communément que toutes les choses naturelles agissent, comme eux-mêmes, en vue d'une fin, et bien plus, ils considèrent comme certain que Dieu lui-même dispose tout en vue d'une certaine fin, car ils disent que Dieu a fait toutes choses en vue de l'homme, mais il _a fait l'homme pour en recevoir un culte. C'est donc ce seul préjugé que je considérerai d'abord, en cherchant en premier lieu p...
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ROUSSEAU et l'inégalité entre les hommes
Sujet 2076 La nature est-elle égalitaire ? " [...] il est aisé de voir qu'entre les différences qui distinguent les hommes, plusieurs passent pour naturelles qui sont uniquement l'ouvrage de l'habitude et des divers genres de vie que les hommes adoptent dans la société. Ainsi un tempérament robuste ou délicat, la force ou la faiblesse qui en dépend, viennent souvent plus de la manière dure ou efféminée dont on a été élevé, que de la constitution primitive des corps. Il en est de même des forces...
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Sartre: La conscience est-elle d'abord conscience de soi ?
VOCABULAIRE SARTRIEN: Essence : au sens traditionnel : ce qu'est une chose, sans quoi elle ne serait pas ce qu'elle est. Est conçue dans les philosophies essentialistes comme préalable à l'existence effective. Dans l'existentialisme, l'essence de l'homme est toujours rejetée au-delà de tous ses projets. Cogito, conscience : pour Sartre, aucune philosophie ne peut éviter de partir du cogito (« Je pense, donc je suis », Descartes, Méditations métaphysiques, II). Mais Sartre sous-tend le cogito réf...
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Chapitre 4 de "Matière et Mémoire" de Bergson
Demande d'échange de corrigé de Badreddine Marie ([email protected]). Sujet déposé : Que percevons-nous réellement ? Dans son extrait du chapitre 4 de "matière et mémoire " Bergson aborde le thème de la perception. Il tente d'expliquer comment ce que nous percevons des objets n'est pas nécessairement ce que l'objet est réellement, ainsi il cherche à démontrer que nous ne percevons jamais l'essence de l'objet, ou l'objet en soi puisque nous n'arrivons pas à séparer l'objet de son entourag...
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Bergson: La liberté se confond-elle
avec la réalisation de soi-même ?
Si notre culture et notre éducation nous conditionnent et restreignent notre liberté, en même temps elles nous forment l'esprit en nous dispensant la connaissance et l'apprentissage de la rationalité. Elles apparaissent donc à la fois comme un obstacle et une condition de la liberté, ce qui constitue une problématique. Il peut arriver que la liberté se fonde sur l'ignorance, faisant ainsi l'économie du savoir. À travers le risque qu'elle implique, l'épreuve du doute et la notion de responsabilit...
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Notes de cours: L'irrationnel et le sens. ?
A) L'irrationnel: La rationalité caractérise un mode de connaissance du monde régi par l'ordre construit d'un discours. Le discours est rationnel dans la mesure seulement où il est logiquement ordonné comme un "modèle" formel susceptible d'une cohérence définie et constante, permettant la déduction et le calcul. Mais, si la simple cohérence interne soumise aux exigences logiques de la raison suffit à assurer la rationalité formelle du discours, il semble que ce que décrit un tel discours soit, d...
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L'art est-il un produit du travail ?
Introduction : L'art se comprend sous la catégorie générale de « texnè« , qui désigne dans la pensée grecque toute production faite volontairement par la main de l'homme par opposition à la « phusis« , la production spontanée de la nature. Plus spécifiquement, l'art se comprend sous la catégorie des beaux-arts qui désigne l'ensemble des œuvres produites pour elles-mêmes comme des fins en soi (tableaux, statues, bijoux, monuments, vêtements de haute couture …) par distinction avec la technique ar...
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KANT
« Le génie est le talent (don de nature) qui donne à l'art sa règle. Dès là que le talent, comme faculté productive innée de l'artiste, appartient lui-même à la nature, on pourrait encore s'exprimer ainsi : le génie est la disposition innée de l'esprit par laquelle la nature donne à l'art sa règle [...]. . En effet, tout art suppose des règles sur la base desquelles une production, si on doit la dire faite avec art, est tout d'abord représentée comme possible. Mais la notion de beaux-arts ne per...