Toutes les expériences scientifiques sont-elles légitimes ?
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Pour démarrer.
Un intitulé qui renvoie, en filigrane, aux relations et liens entre la biologie et l'éthique, l'usage systématique de
l'expérience posant, ici, des problèmes particuliers, dévoilant une dimension éthique.
Les limites sont, en effet,
morales.
Conseils pratiques.
Analysez minutieusement les termes expérimentation (interrogation méthodique des phénomènes pour vérifier une
hypothèse) et vivant (tout système organisé, s'autoréparant et se reproduisant).
Vous remarquerez que le sujet ne
porte pas seulement sur l'homme.
Si le problème des limites - des bornes, des barrières - à l'expérimentation surgit
dans toute son acuité avec la personne humaine, néanmoins, il apparaît ici plus général.
Bibliographie
Pierre THUILLIER, Les biologistes vont-ils prendre le pouvoir ?, éd.
Complexe.
Jean BERNARD, De la biologie à l'éthique.
Buchet-Chastel.
GUY DURAND, La bioéthique, Cerf.
Introduction
L'expérimentation humaine pose question du point de vue épistémologique et du point de vue éthique.
L'autre, mon
double même s'il paraît l'étape incontournable au développement de la connaissance du vivant, est justement limite
car il est un autre moi.
I - Dans quelles conditions se pose la question ?
a) L'expérimentation n'est pas l'observation ou du phénomène naturel ou des résultats codés en laboratoire, cernés
par un système de référence.
Elle est vérification d'une hypothèse c'est-à-dire à la fois étape pour comprendre et
risque pour appliquer.
L'objet en est l'homme.
Vivant, à naître, près de mourir, il est touché dans son corps, modifié dans sa vie
psychologique, atteint dans sa descendance.
La gravité des conséquences est liée à la conscience, personnelle du
vécu de l'opération.
Et pourtant, quel médicament par exemple, serait mis sur le marché sans avoir fait
l'expérimentation en aveugle et double aveugle, c'est-à-dire sur une population censée ne pas connaître à qui est
destiné la molécule testée.
Ce qui fonctionne sur l'animal n'est jamais parfaitement identique aux effets sur l'homme.
b) Les limites sont triples.
On peut envisager le cas de démesure c'est-à-dire où le pouvoir de la science dépasse le
projet humain.
Au nom de l'intérêt singulier, peut-on sacrifier le collectif ? Par exemple, un programme pour surdoué
est-il compatible avec le respect du genre humain ? L'expérimentation peut aussi être d'un apport nul pour la
connaissance car exceptionnelle.
Procréer après la ménopause, est-ce utile à la connaissance du vivant ? Enfin,
l'expérience peut être contraire à l'homme dans son individualité ou dans sa généralité.
Les « meilleurs des mondes »
sont autant de preuves des effets du comportementalisme plaçant la liberté au rang de tragédie.
c) Enfin, qui juge ? Le politique a-t-il le pouvoir de gérer la recherche scientifique, d'organiser des zones
d'application ? La science dépend-elle d'une conception politique de l'homme ? A moins que, comme c'est le cas
chez nous, chaque secteur retrouve en son sein la présence de comités d'éthique.
Les thèmes agités par la
bioéthique sont-ils pour ce comité des sages des enjeux de marchandage ou l'occasion d'avis mitigés ? A moins
qu'on ne considère que la responsabilité du choix ne relève exclusivement du chercheur.
Mais Pasteur est-il moral
lorsqu'il propose d'inoculer la rage sur des condamnés à mort ?
II - Le point de vue épistémologique et la nécessité d'une ouverture..
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