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THÈME : LES CONDITIONS DE LA LIBERTÉ LEÇON 1 : LA CONNAISSANCE DE L’HOMME

Publié le 08/02/2025

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« 1 THÈME : LES CONDITIONS DE LA LIBERTÉ LEÇON 1 : LA CONNAISSANCE DE L’HOMME INTRODUCTION Tout être humain pense avoir une connaissance très précise de sa personne.

Il pense maîtriser son comportement, ses pensées, son langage et tout cela grâce à sa conscience et à sa raison.

Une telle conviction provient indubitablement de cette assertion de Montaigne qui soulignait dans ses Essais que « le pire état de l’homme c’est quand il perd la connaissance et le gouvernement de soi ». Ici, l’orgueil de l’homme est justifié du fait qu’il est doté de la raison.

Sans exagération aucune, la raison humaine est son essence (sa caractéristique, sa nature fondamentale).

Elle gouverne sa pensée, sa conduite et constitue sa prééminence sur tous les autres êtres vivants. Pourtant, les erreurs de l’homme montrent bien que la connaissance de soi absolue est une prétention qu’on ne saurait réalisée si tant est que plusieurs de nos actes, de nos paroles nous échappent. À vrai dire, la conscience est par moment victime de certaines influences intérieures à l’homme.

Lesquelles influences font que l’homme n’est pas toujours maître de lui-même.

À ce niveau, surgissent des questions : Jusqu’à quel point notre conscience est capable de nous éclairer ? Malgré tout, n’y a-t-il pas en l’homme une autre faculté qui dirigerait silencieusement sa nature ? Toutes ces préoccupations nous interpellent sur la dimension réelle de l’homme.

Notre analyse aura alors pour intention de saisir l’essence de l’homme. I- LES DIFFÉRENTES CARACTÉRISTIQUES DE L’HOMME A- LA CONSCIENCE COMME ESSENCE DE L’HOMME La philosophie traditionnelle et classique présente l’homme comme un être de raison c’est-à-dire de conscience.

La conscience serait ainsi la propriété fondamentale de l’homme, sa marque qui le distingue de l’animal ou des autres êtres vivants.

Mais qu’est-ce que la conscience ? 1- Sens et caractéristiques de la conscience Le mot conscience selon son étymologie latine cum scientia signifie "accompagné de savoir".

Elle désigne aussi le fait d’être conscient de penser, de sentir, d’agir. De plus, la conscience est la faculté psychique qui permet à l’homme de se rendre compte de son existence et du monde qui l’entoure.

Autrement dit, la conscience est la faculté qu’a l’homme de percevoir son être et les choses, de les connaître et de les juger.

Ainsi est-elle la faculté qui donne la possibilité à l’homme de juger ses actes et ceux des autres. Sur la base de ces propos nous ajoutons que la conscience est ce qui nous permet d’être informés de ce qui se passe en nous et autour de nous. André Lalande dans son Vocabulaire technique et critique de la philosophie, nous signifie que la conscience est « l’intuition plus ou moins claire, plus ou moins distincte qu’a l’esprit de ses états et de ses actes ». La prise en compte de ces définitions nous permet de saisir deux types de conscience. La première se nomme la conscience psychologique.

Cette conscience correspond à la conscience immédiate.

Elle a pour fonction d’assurer à l’homme la saisie directe de sa personne 2 et de son environnement.

En plus d’être appelée conscience immédiate, elle se nomme aussi conscience spontanée. Ce qui est tout le contraire de la conscience morale.

La conscience morale se rapporte au fait de faire la distinction entre le bien et le mal.

Aussi permet-elle à l’homme d’atteindre sa dignité en étant dans le vrai. C’est enfin cette idée qu’a voulu traduire le philosophie français Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il a soutenu dans Émile ou de l’éducation la condition suivante : « Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix, guide assuré d’un être ignorant et borné mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal qui rend l’homme semblable à Dieu.

C’est toi qui fait l’excellence de sa nature et la moralité de ses actions ».

En termes un peu plus clairs, Rousseau veut montrer que c’est la conscience qui nous place ou nous élève au diapason (registre, répertoire) de Dieu, c’est elle qui nous met sur un piédestal (fondement, base) solide à partir duquel nous régentons (dominons, dirigeons) le monde.

En définitive, c’est la conscience qui nous évite d’errer et de chanceler (tituber) ou de trébucher à tout moment. Par-delà ces précisions, il nous appartient alors de passer en revue les éléments argumentatifs qui montrent la conscience comme essence de l’homme. 2- La conscience comme caractéristique essentielle de l’homme Depuis l’antiquité, par une conviction socratique, il y a une possibilité de parvenir à la connaissance de l’homme.

Ainsi selon les philosophes Rationalistes (René Descartes ; Alain ; Jean-Paul Sartre ; Blaise Pascal ; Ludwig Feuerbach ; Henri Bergson ; Emmanuel Kant ; Jean-Jacques Rousseau ; Edmund Husserl…) l’homme se définit comme un être de « conscience ». La formulation du titre nous invite à prendre en compte le mot caractéristique.

Dans une approche définitionnelle, ce mot renvoie à un ensemble d’éléments qui vont permettre de distinguer une chose des autres.

Dans ce cas de figure, la caractéristique est indentifiable à l’essence de l’homme. Dire donc de la conscience qu’elle est la caractéristique de l’homme, c’est soutenir que ce qui fait la nature fondamentale de l’homme c’est la conscience. Cela dit, quels arguments nous permettent de présenter la conscience comme ce qui définit essentiellement l’homme ? En réponse à cette préoccupation, il nous faudra commencer par soutenir qu’avec les autres êtres vivants l’homme partage la réalité d’un corps biologique, des sens et de l’instinct. Par contre, il se distingue de par la conscience dont il est doté.

On pourrait donc dire que la conscience est la marque authentique de l’homme.

Car selon son étymologie qui signifie ce qui est accompagné de savoir, la conscience est cette entité psychique en tout homme lui permettant de saisir ce qui se passe en lui et hors de lui.

A cet effet, à travers son « Cogito ergo sum » :« Je pense donc je suis », René DESCARTES (Philosophe Français ; père de la philosophie moderne : 1596-165O) met en relief « la conscience » comme un élément constitutif de la nature humaine.

C’est pourquoi écrit-il dans Discours de la méthode ceci : « Je connus de là que je suis une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser ».

Pour dire que la conscience est ce qui permet à homme de penser, de dire « je » et est ce qui confère une identité à l’homme. De là, l’homme est un être conscient de soi, c’est-à-dire un être capable de se connaitre soi-même, capable de se contempler, de se représenter à lui-même ce que la pensée peut lui assigner comme essence.

Et le rendant ainsi supérieur aux autres êtres 3 vivants.

À ce propos, Alexandre Kojève dans Introduction à la lecture de Hegel affirme que « L’homme est conscience de soi.

Il est conscient de soi, conscient de sa réalité et de sa dignité humaine, et c’est en ceci qu’il diffère essentiellement de l’animal qui ne dépasse le niveau du simple sentiment de soi ».

Pour KOJÈVE, l’homme est le seul être qui se connaît véritablement contrairement à l’animal.

Cette connaissance de son existence est possible grâce à la conscience dont le propre est de revenir sur soi-même. Aussi, appréhender l’homme comme un être conscient, c’est dire qu’il est capable de porter des jugements de valeur sur ses actes et intentions.

Il sait distinguer le bien du mal, le vrai du faux.

Ce qui fait de lui un sujet (un être) moral.

Or pour arriver à cela, il faudrait qu’il soit auparavant habité par la conscience.

Car comme le dit Jean-Jacques ROUSSEAU (Philosophe Français ; père de la philosophie politique et morale : 1712-1778) dans son œuvre Emile ou De l’éducation : « la conscience est un principe inné de justice et de vertu sur lequel nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou mauvaises.

» Blaise Pascal quant à lui ajoute dans les Pensées que « la conscience est le meilleur livre du monde que nous ayons ; c’est celui que l’on doit consulter le plus souvent ».

Et quant à Michael Girardi, renchérissant ces propos de Pascal dans Les réflexions et pensées diverses écrit ceci :« la conscience est le meilleur livre de morale que l’on puisse avoir, consultons-la souvent ». En un mot, l’homme se définit essentiellement comme un être de conscience, un être de raison, une chose pensante, un roseau pensant parce qu’il possède une faculté lui permettant d’avoir un savoir revenant sur lui-même et une connaissance du monde extérieur. Cette connaissance peut être spontanée : l’homme sait qu’il sait ou sent sans un acte de réflexion.

On dit alors que la conscience est immédiate. La conscience peut se porter vers un objet avec une vive attention.

Elle observe et veut comprendre.

Cette connaissance est sélective : on dit dans ce cas que la conscience est médiate (indirecte). Enfin, la conscience peut revenir sur les actes de la pensée même, pour coïncider avec elle-même et se prendre comme objet d’étude.

La conscience dite réfléchie : la.... »

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