Les degrés de la connaissance chez Spinoza
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Thème 511
Les degrés de la connaissance chez Spinoza
« Je prie les lecteurs de distinguer soigneusement entre une idée, autrement dit un concept de l'esprit, et les images
des choses que nous imaginons.
Il est nécessaire aussi de bien faire la distinction entre les idées et les mots par
lesquels nous désignons les choses ».
La connaissance humaine comporte trois degrés :
Le premier (connaissance du premier genre) est purement empirique, c'est la connaissance par ouï-dire, par expérience
vague, par images.
Elle exprime davantage le sujet avec ses désirs et ses craintes que l'objet.
Cette connaissance est
fondamentalement mutilée, elle ne saisit qu'un aspect très partiel du réel.
La connaissance « du premier genre » est la
cause principale du fanatisme et de la superstition.
Mélange de réel et de fictif, elle est le produit de l'imagination et la
source des passions.
Elle induit un usage ambigu du langage : nous érigeons des termes abstraits en autant de réalités
objectives, les paroles permettent toutes les libertés (tous les délires) et sur ce terrain se déploient les fictions, les
mythes.
Les mots sont les signes des choses telles qu'elles apparaissent à l'imagination, non à l'entendement.
Le deuxième genre de connaissance, c'est la connaissance discursive qui procède par enchaînements de
raisonnements, la connaissance claire et distincte telle que les mathématiques nous en fournissent l'exemple.
Le troisième genre de connaissance, c'est la connaissance intuitive, la perception évidente, immédiate d'un lien logique
d'implication.
Elle seule permet de parvenir à l'idée vraie, celle qui rend compte d'une réalité par la totalité de ses
causes ou de ses déterminations logiques.
C'est une connaissance qui relie chaque chose à toutes les autres, elle
seule sera adéquate (à son objet), complète.
Il sera donc nécessaire de définir l'objet par sa seule essence ou sa
cause prochaine, ce n'est qu'ensuite que l'on pourra déduire ses propriétés.
Par exemple, le cercle est une figure
décrite par tout segment de droite dont une extrémité est fixe et l'autre mobile.
A partir de cette définition, on pourra
déduire les propriétés du cercle.
Par exemple : les droites menées du centre à la circonférence sont égales.
Le concept
de la chose (ou sa définition) doit être tel que toutes ses propriétés puissent en être déduites.
Il est remarquable que les exemples de connaissance du 3e genre (intuitive ou de l'essence) et du 2e genre
(enchaînement de déductions) soient empruntés aux mathématiques; c'est là en effet la science qui ne laisse aucune
prise au délire de l'imagination ni au verbalisme.
L'idée ne consiste ni dans l'image ni dans les mots mais dans l'exercice de l'intellect qui coïncide avec son objet.
La
vérité ne sera donc pas du côté du senti ou du vécu, de l'existence en général, car tout ce qui s'offre à la perception
sensible ou à l'imagination n'a aucune nécessité..
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