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La technique échappe-t-elle à la raison ?

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« Vocabulaire: RAISON: Du latin ratio, « calcul », « faculté de calculer, de raisonner » (en grec logos). * Au sens subjectif : mode de penser propre à l'homme (lui-même défini comme « animal raisonnable »). * Par opposition à l'intuition : faculté de raisonner, c'est-à-dire de combiner des concepts et des jugements, de déduire des conséquences. * Par opposition à la passion ou à la folie : pouvoir de bien juger, de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. * Par opposition à la foi : la « lumière naturelle », naturellement présente en tout homme. * Par opposition à l'expérience : faculté de fournir des principes a priori (c'est-à-dire indépendants de l'expérience) * Au sens objectif : principe d'explication, cause (exemple : les raisons d'un phénomène). * Argument destiné à légitimer un jugement ou une décision (exemple : donner ses raisons). TECHNIQUE Tout ensemble de procédés pour produire un résultat utile.

La technique moderne s'appuie sur la science; mais elle s'en distingue puisque la science est un effort pour expliquer ce qui existe tandis que la technique cherche à produire ce qu'on souhaite qui soit — qui n'est pas.

La technique peut se définir comme un vouloir, incarné en un pouvoir par l'intermédiaire d'un savoir. Comme adjectif: par opposition à esthétique, qui concerne des procédés susceptibles d'être développés et transmis, et non des dons ou capacités innées. [Introduction] La technique, comprise comme un ensemble de procédés transmissibles permettant de reproduire des fins utiles, est incontestablement l'oeuvre de la raison humaine, conçue au sens large comme faculté de penser et d'adapter son comportement à des fins préalablement posées. Cependant, la raison ne semble pas pouvoir la contenir définitivement dans ses bornes.

Il suffit de constater l'usage effectif ou possible de certaines inventions, comme la bombe atomique, pour s'apercevoir que la technique peut se retourner contre son instigateur et réveiller ce que l'homme a en lui de plus bestial. La raison peut-elle et doit-elle limiter la technique ? Et le cas échéant, comment ? [I.

La technique est l'expression de la raison humaine] [1.

La technique est oeuvre de la raison] Partons d'un constat simple : la technique serait impossible si elle n'était en amont guidée par une activité rationnelle, c'est-à-dire humaine.

D'une part, en effet, elle présuppose que l'on se représente préalablement la fin poursuivie.

Ce qui est l'apanage d'une conscience.

Marx l'explique dans Le Capital (I, 7) : « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche.

Le résultat auquel le travailleur aboutit préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur. [2.

La technique est oeuvre de l'intelligence] D'autre part, elle requiert une inventivité et une capacité à créer et à utiliser les outils en fonctions des différentes situations.

Ce qui constitue un autre aspect de l'activité rationnelle, que Bergson nomme « intelligence » : «L'intelligence, envisagée dans ce qui en paraît être la démarche originelle, est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils, et d'en varier indéfiniment la fabrication » (L'Évolution créatrice). Bergson parle dans « L'évolution créatrice », de l' « invention mécanique » comme « démarche essentielle », quitte à aller jusqu'à dire que l'histoire retiendra davantage la « machine à vapeur » que les « guerres et les révolutions ».

Ce propos conduit Bergson à définir l'intelligence humaine comme « faculté de fabriquer des objets artificiels », et ce, au détriment direct d'une autre compréhension de l'intelligence, celle qui la comprendrait comme faculté d'articuler des moyens avec des fins.

Une certaine formule de l' « Evolution créatrice » doit retenir notre attention : Bergson veut en effet substituer à l' « homo sapiens », l'homme qui pense, l' « homo faber », l'homme qui fabrique.

Cette formulation est lourde de conséquences : elle témoigne de la portée de cette question de la technique sur l'identité humaine elle-même.

Si l'homme devient « homo faber », il n'est plus qu'un fabricateur. »

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