Est-ce que c'est à la victime de se faire justice?
Extrait du document
«
Ce sujet pose le problème de savoir si la vengeance peut être à la fois légale et légitime.
Appartient-il à l'offensé de
réparer l'outrage qui lui a été fait ? Peut-on se faire justice soi-même en dehors de toute institution juridique ?
Peut-on être à la fois juge et parti ?
[La vengeance peut être justice.
En punissant l'agresseur, elle rétablit l'égalité brisée par le crime.
Dans
l'histoire, la vengeance est la première expression du désir humain de punir le crime.
Elle s'est d'ailleurs
normalisée dans la loi du talion, qui prélude au droit.]
La vengeance rétablit l'égalité
Un crime, un délit, une agression sont toujours une rupture d'égalité entre deux personnes.
La vengeance est
la première forme de justice et la plus immédiate, car elle rétablit l'égalité.
Elle est juste également, car elle est
compensation du préjudice.
Je réponds à la violence par la violence; c'est la première façon de faire valoir son
droit.
Tout crime mérite punition
On peut dire également que le premier principe de toute justice est de ne pas laisser le crime impuni.
Tous les
peuples ont manifesté ce même besoin.
En effet, si le crime n'est pas sanctionné, c'est la seule loi de la force
et de la puissance qui s'impose.
La vengeance punit donc le crime, et l'on comprend que ce fut la première
forme de justice.
Le vengeance se normalise dans la loi du talion
«oeil pour oeil, dent pour dent», cette formule de la Bible traduit un sentiment de vengeance, mais une
vengeance qui adopte la réciprocité et la mesure entre le préjudice et la réponse.
Avec la loi du talion, la
vengeance peut être justice et compensation.
Elle ne court plus le risque de la démesure, et l'on voit ici qu'elle
manifeste un souci d'objectivité.
[La justice véritable ne peut accepter la vengeance.
Entre l'agresseur et la victime, il faut la médiation
d'un juge qui assure l'objectivité de la sentence.
De plus, la médiation du système judiciaire met un terme
à l'enchaînement de la violence.]
La justice suppose un juge
La vengeance est une réponse spontanée à la violence.
Celui qui se venge est sous le coup de sentiments de
haine, il ne peut donc faire preuve d'un esprit de justice véritable.
On ne peut à la fois être juge et partie.
En
conséquence, ce n'est pas la vengeance qui est juste, mais le châtiment.
Cela suppose l'existence du droit et
qu'un tiers, le juge, prononce au regard de la loi la sentence.
La venge être disproportionnée
La règle fondamentale de la justice, c'est que la sanction soit équilibrée par rapport au délit ou à la faute.
Or,
parce que la vengeance est accomplie par celui qui a été la victime, elle peut être disproportionnée.
En effet,
on ne peut être juge et parti.
D'autre part, parce que la vengeance est une réponse immédiate et ne laisse
aucune place à un droit de l'accusé, elle est souvent aveugle et commise sous le coup de la colère.
La vengeance entraîne la vengeance
Comme la vengeance n'est l'expression que de la volonté particulière de celui qui est la victime, et comme elle
est violence, elle n'est pas reconnue par l'agresseur.
Elle entraîne donc à nouveau une vengeance, et cela
sans limite, parfois de génération en génération, telles ces familles qui se déchirent sans plus savoir pourquoi..
»
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