Analyse linéaire ma boheme
Publié le 23/03/2025
Extrait du document
«
Ma Bohème
Arthur Rimbaud
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes.
Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Introduction
Arthur Rimbaud était âgé seulement de 16 ans les cahiers de Douai au regroupe 22 poèmes
répartis en deux liasses alors on fugue à Douai chez son professeur de rhétorique Georges
isamba puis sur le poète Paul Demeny Arthur Rimbaud est en 1870 en pleine révolte le
poème ma bohème se trouve justement dans la seconde partie du premier recueil d'Arthur
Rimbaud dans ce poème le jeune Arthur exprime son besoin d'émancipation pour mener
l'analyse linéaire de ma bohème nous pourrons nous poser la question comment à travers
ce Sonet Rimbaud note une volonté de renouveler la poésie à travers l’erance nous nous
intéresserons dans un premier temps à l'errance physique du poète du verbe 1 à 4 la
deuxième et troisième strophe insistera sur le lien du poète avec la nature et enfin la
dernière strophe montre le poète dans le processus de création
1 er MVT
Les premiers mots du poème expriment l’errance.
En effet, le verbe de
mouvement « s’en aller » n’est pas accompagné d’un complément
circonstanciel de lieu.
On comprend donc que la destination ne compte pas.
Le poète, qui s’exprime à la première personne ( « je » ; « mes » ), adopte une
attitude décontractée : « les poings dans mes poches trouées ».
Il apparaît donc qu’il
est habitué de ce genre d’errances et y trouve un certain plaisir.
L’habitude transparaît également dans le temps qui domine l’ensemble du poème
: l’imparfait à valeur itérative (d’habitude, de répétition) « allais » ; « devenait » ;
« allais » ; « étais » etc.
Pourtant, ce qui apparaît également dès le premier vers, c’est que le personnage se
trouve dans un certain dénuement : ses poches sont « crevées » ; son paletot
devient « idéal » (vers 2), ce qui signifie qu’il est en si mauvais état qu’il n’est plus
qu’une idée.
Ainsi, même si le poète semble souffrir de pauvreté, son errance
lui procure une aisance et un plaisir lui faisant oublier ses problèmes.
On peut noter l’allitération en -m (« m’en » ; « mes » ; « mon » ; « Muse » ;
« amours ») dans l’ensemble de la strophe qui véhicule un sentiment de douceur et
de confort en contradiction avec les difficultés matérielles.
Au vers 3, la périphrase « sous le ciel », en position de complément de lieu indique
que l’errance du poète a lieu en extérieur.
L’imprécision de la localisation confirme
que la destination n’a pas d’importance tant qu’il peut rester en extérieur, c’est à
dire proche de la nature.
Cela lui permet de se rapprocher de la « Muse » qu’il apostrophe, figure de
l’inspiration poétique.
On remarque qu’il se permet le tutoiement d’une figure
d’habitude très respectée par les poètes : « j’étais ton féal ».
Cette légère impertinence illustre parfaitement la rébellion du jeune Rimbaud, mais
également la relation privilégiée qu’il noue avec la poésie.
Ce tutoiement peut également être lu comme une forme d’allégresse due à la
jeunesse du poète.
Cette lecture se confirme grâce aux exclamations du vers
suivant : « Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! »
2è MVT
Ma bohème analyse linéaire : Strophes 2 et 3
Le premier vers de la seconde strophe vient confirmer cette pauvreté matérielle :
« mon unique culotte avait un large trou ».
D’une part le personnage ne possède
qu’une « unique culotte » qui d’autre part est trouée.
La métaphore du « Petit-Poucet rêveur » au vers suivant est intéressante car elle
permet de filer le thème de la pauvreté (le Petit-Poucet est issu d’une famille pauvre)
tout en introduisant l’idée que la poésie est son guide.
Dans le conte original, le Petit-Poucet sème des miettes de pain pour retrouver son
chemin.
Ici, le poète laisse derrière lui « des rimes ».
Il insiste sur cet élément en le
plaçant au centre du poème (vers 7 sur 14) et en le rejetant grâce à un procédé
d’enjambement.
Donc, comme le Petit-Poucet, Rimbaud aurait fui sa famille.
Mais il laisse derrière lui
quelque chose de bien plus durable que des miettes de pain : de la poésie.
On retrouve dans cette strophe l’idée d’euphorie et d’allégresse introduite dans la
première strophe.
En effet, le poète évoque sa « course », comme s’il courait sans
but.
La métaphore du vers 3 « Mon auberge était à la Grande-Ourse » suggère qu’il dort
à la belle étoile.
Il renforce ainsi à la fois le sentiment de liberté et l’idée de pauvreté.
Cependant, le fait de dormir dehors lui permet surtout de trouver l’inspiration
poétique.
Il voit naître des correspondances entre les sens en s’appropriant la
nature : « Mes étoiles », ici le pronom possessif de première personne montre
qu’il se sent en harmonie avec le ciel.
Le fait qu’il évoque les étoiles normalement perçues avec la vue grâce
au toucher (« un doux frou-frou ») montre qu’il est capable de s’approprier la nature,
et surtout de percevoir et ressentir les choses différemment.
C’est pour lui le propre du poète, la création de correspondances entre les sens et
l’expression grâce au langage écrit d’une perception unique des choses.
La troisième strophe démarre en continuité directe de la deuxième.
Il s’agit de la
même phrase, connectée par une conjonction de coordination : « Et je les
écoutais ».
Ainsi, Rimbaud poursuit sa déconstruction du sonnet classique tout en confirmant la
correspondance des sens.
En effet, il affirme écouter les étoiles, après les avoir
touchées.
L’attitude du poète (« assis au bord des routes ») est très évocatrice.
On l’imagine
tout à fait « écouter » les étoiles, un carnet en main, pour retranscrire ses émotions
et sentiments sous la forme de poèmes.
Au vers suivant, l’adjectif mélioratif « bon » insiste sur le bonheur du poète.
Il est
heureux dans la simplicité de sa situation.
La précision temporelle du mois de « septembre » permet de relier le poème à
l’expérience de la seconde fugue de Rimbaud, en septembre 1870.
Fugue pendant
laquelle il aurait justement écrit ce sonnet.
Le poète fait de nouveau appel à une correspondance des sens à la fin de....
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