La naissance de l'état d'Israel
Publié le 08/05/2023
Extrait du document
«
1948 : la naissance de l’Etat d’Israël :
« La création de l’état d’Israël est l’un des évènements les
plus importants du XXe siècle » déclare David Ben Gourion, premier
ministre israélien, le 15 mai 1948, lendemain de la proclamation de
l’état d’Israël.
En effet, la population juive entretient une relation
extrêmement étroite avec la terre d’Israël depuis l’Antiquité.
Autrement
appelée « Eretz Yisrael » en hébreu, la terre d’Israël est considérée
dans la Bible comme étant la « terre » du peuple juif.
D’après les
religions abrahamiques, la Terre d’Israël est promise par Dieu aux
enfants d'Israël.
Ainsi, l’appropriation de celle-ci par les populations
juives constitue un véritable enjeu, car permettrait de s’approprier
cette « terre promise » et leur ouvrirait la voie à la création d’un état à
majorité juive, alors inexistant jusqu’en 1948.
Durant la période
ottomane, s’étendant du de 1299 à 1923, la Palestine fait partie
intégrante de l’Empire Ottoman ; la volonté de créer un état Juif ne
semble qu’une illusion pour les quelques millions de juifs peuplant la
planète terre.
Toutefois, la volonté de fonder un état Juif se renforce au
XIXe siècle en Europe, à travers la naissance du mouvement sioniste,
se dressant en opposition aux différentes vagues antisémites qui
déferlent sur l’Europe.
Si cette idée de crée un état Juif semble devenir
de plus en plus un rêve éveillé au cours du XXe siècle, notamment
après la Secondez Guerre Mondiale, des tensions émergent rapidement
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Amourdedieu Pauline / de Biasi Pierre-Alexandre
entre les quelques centaines de milliers rescapés Juifs, alors encore
traumatisés par la Shoah, et les populations locales arabes habitant la
terre promise des Juifs, alors appelé la Palestine.
Ces tensions vont
ainsi s’encrer dans le temps et fortement ralentir la création ainsi que
la
proclamation
d’indépendance
d’Israël,
du
fait
de
nombreux
désaccords et conflits d’intérêts entre populations arabes et juives.
Il
serait donc intéressant de se questionner quant à la création de l’état
d’Israël : pourquoi et comment l’état d’Israël est -il créé ?
Pour éclairer cette tension, l’étude portera dans une première partie
sur les prémices de la création de l’état d’Israël.
Par la suite, celle-ci
abordera la mise en place ainsi que la création de l’état d’Israël, avant
de mettre en lumière les conséquences, quant à la création politique de
celui-ci.
I)
Les prémices de de la création de l’état d’Israël :
A) L’affirmation d’une identité juive :
1) La persécution des Juifs au XIX et XXe siècle :
Dès la fin du XIXe siècle, les états Européens connaissent une forte
montée du nationalisme.
En effet, le printemps des Peuples de 1848
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témoigne de la volonté des peuples de s’affirmer, indépendamment d’un
empire auquel ils auraient pu appartenir.
Cet essor du nationalisme donne
la voie à l’émergence de l’antisémitisme à la fin du XIXe siècle, se
définissant comme la discrimination et l'hostilité manifestées à l'encontre
des Juifs en tant que groupe ethnique, religieux ou supposément racial.
Pour l'historien Alex Bein, le terme est utilisé pour la première fois en
1860 dans un article du Berliner Zeitung par l'intellectuel juif autrichien
Moritz Steinschneider dans l'expression « préjugés antisémites ».
Cet
essor de l’antisémitisme en Allemagne se propage rapidement dans toute
l’Europe, en témoigne la création d'une « ligue antisémite » en 1879,
ayant pour objectif de répandre l’idée que les Juifs dominent et dirigent la
société.
Cet antisémitisme se propage rapidement, surtout en France.
La
virulence ainsi que la fréquence des publications antisémites en France,
dont le pamphlet d'Édouard Drumont, La France juive publiée en 1886
ainsi que la création de son journal La Libre Parole en 1892, dont les
publications hebdomadaires sont très populaires, environ 10 000 ventes
par semaine, seulement dans la capitale, ont pour conséquence de faire
croire à la population française que le judaïsme est dangereux et que les
violences faites à l’égard des Juifs sont justifiées.
Les pogroms, étant des
massacres et pillage des juifs par le reste de la population, sont mis en
place dès 1879 en Russie et durent jusqu’en 1917, ainsi que les « lois
antisémites » promulguées par le tsar de Russie Nicolas II en 1910,
témoignent de la volonté, de la part des gouvernements européens, de
dresser leur population contre les Juifs.
Enfin, la publication du Protocole
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Amourdedieu Pauline / de Biasi Pierre-Alexandre
des Sages de Sion en février 1903, en Russie, renforce l’antisémitisme
déjà présent en Europe.
Ce texte, inventé de toutes pièces par la police
secrète du tsar, se présente comme un plan de conquête du monde établi
par les Juifs et les francs-maçons.
Adolf Hitler y fera référence en 1924
dans Mein Kampf, comme argument justifiant à ses yeux la théorie du
complot juif, et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la
propagande du Troisième Reich.
Cette vague antisémite au XIXe et au
début du XXe siècle a donc pour conséquence l’émergence d’un
mouvement sioniste, défendant l’affirmation d’une identité juive.
2) L’affirmation du mouvement sioniste :
Le sionisme, faisant référence à la colline de Sion située à Jérusalem, et
par extension à la terre d’Israël, se développe à la fin du XIXe siècle, suite
aux nombreuses persécutions commises à l’encontre des Juifs ainsi qu’à
l’antisémitisme grandissant en Europe occidentale.
Ce mouvement se
définit comme un mouvement national du peuple juif, visant à la
formation d'un foyer national juif, et à l'autodétermination du peuple juif
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Amourdedieu Pauline / de Biasi Pierre-Alexandre
en Terre d'Israël.
Le sionisme, autrement appelé mouvement national juif,
apparaît principalement en Europe centrale et orientale à la fin du XIXe
siècle, sous l’impulsion du journaliste et écrivain juif Théodore Herzl.
En
effet, en 1896, celui-ci publie son ouvrage der Judenstaat, littéralement
l’Etat des Juifs, dans lequel il propose un programme détaillé de la
création d'un État pour les juifs, avec son organisation interne et ses
institutions.
Theodor Herzl y défend l'idée de restaurer sous une forme
moderne l'entité nationale juive qui avait existé en Palestine à l'époque
antique ; pour lui, seul cet État national juif peut offrir une solution au
problème de l'antisémitisme.
Le mouvement prend de l'ampleur sous
l'impulsion de Theodor Herzl à Bâle en août 1897, lorsque le premier
congrès sioniste se réunit dans la ville helvétique.
Ce congrès marque le
tournant décisif dans l'histoire du mouvement des Amants de Sion,
l’ancien nom du sionisme, qui devient officiellement mouvement «
sioniste-politique » en 1897.
Herzl y propose son programme, qu'il qualifie
de « plan de réunification nationale juive ».
Dans son journal, Herzl écrit :
« Si je devais résumer le congrès de Bâle en un mot, ce serait celui-ci : à
Bâle j'ai fondé l'État juif ».
Le congrès se déroule par la suite à 22 reprises
dans cette même ville jusqu’à la fondation d’Israël en 1948.
En outre, de
véritables institutions se créent, dans le but de donner une dimension
politique et institutionnelles à la thèse soutenue par Herzl : l'Organisation
sioniste mondiale est créé en 1897, l'Agence juive exécutive en 1929 et le
Congrès juif mondial diplomatique en 1936.
Toutefois, la création d’un
Etat ne peut être rendue possible que par de simples instituions non5
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gouvernementales et non reconnues par les Etats ; c’est donc pour cela
que la Grande-Bretagne est considérée comme un acteur majeur ayant
permis la naissance de l’Etat d’Israël.
B) Le rôle britannique vis-à-vis d’Israël :
1) La déclaration Balfour :
Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères,
Lord Arthur James Balfour, adresse à Lord Rothschild, président de la
Fédération sioniste de Grande-Bretagne, une lettre dans laquelle il promet
la création d'un foyer national juif en Palestine.
Par cette déclaration,
publiée dans le Times, la Grande-Bretagne pose la première pierre de la
construction d’Israël et annonce : « Le gouvernement de Sa Majesté
envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national
pour le peuple juif, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter la
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réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait
qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités
non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont
les Juifs jouissent dans tout autre pays.
».
Ainsi, pour le gouvernement
britannique, ce document vise à obtenir rapidement le soutien des
banques juives d'Angleterre et des États-Unis dans le contexte de la
Première Guerre Mondiale, qui nécessite une mobilisation croissante de
fonds ; en effet, en 1916, 67% des impôts totales britanniques étaient
destinées à financer « la grande Guerre ».
La Déclaration Balfour illustre
également les ambigüités de la diplomatie du Royaume-Uni.
Grâce à elle,
Londres souhaite obtenir le soutien de la population juive dans l’effort de
guerre.
Ces derniers sont non-seulement nombreux sur son territoire,
mais aussi aux Etats-Unis, engagés depuis peu dans le conflit, dès le 5
avril 1917, mais aussi pour l’allié russe, en pleine période de révolution.
Dans un contexte où....
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