Assiste-on à la fin de la mondialisation financière ?
Publié le 19/02/2023
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Sujet ECG2 : Assiste-t-on à la fin de la mondialisation financière ?
Dans un rapport publié en décembre 2017, le FMI s’interrogeait sur l’impact de la crise de 2007-2008 sur le processus
de globalisation financière, et se demandait si cette crise ne pourrait pas avoir signé « le glas de la mondialisation
financière ».
La mondialisation financière désigne le développement des échanges internationaux d’actifs financiers à
travers l’émergence d’un vaste marché financier intégré au niveau mondial.
La crise de 2007-2008 semble en effet
avoir entraîné un recul de certains types de flux de capitaux.
Dans quelle mesure ce recul pourrait-il conduire à un
marché financier moins intégré au niveau mondial ?
I.
Plusieurs éléments ont pu justifier de s’interroger sur l’avenir de l’intégration du marché international
des capitaux
a) La corrélation entre épargne et investissement domestiques a augmenté suite à la crise de 2007-2008
Plusieurs auteurs qui cherchent à nuancer l’idée que la seconde globalisation financière aurait conduit à l’apparition
d’un marché financier mondial parfaitement intégré.
Cas de Charles Horioka et de Martin Feldstein : article en 1980
où nuancent l’intensité de la globalisation financière.
Etude de l’évolution du taux d’épargne et du taux
d’investissement de plusieurs pays de l’OCDE entre 1960 et 1974 et montrent que si corrélation baisse, corrélation
reste importante : l’investissement reste toujours financé essentiellement avec de l’épargne domestique.
Essor des
mouvements de capitaux n’entraîne pas une éco mondiale totalement intégrée, toujours une sorte de préférence
nationale en matière de financement (aversion pour le risque des agents économiques, biais national dans les choix
de placement, et fait qu’accéder aux marchés financiers internationaux reste difficile et coûteux pour certains agents
comme PME qui continuent de privilégier le financement bancaire).
Données qui ont montré que corrélation épargneinvestissement domestique est passée de 80% à la fin des 1990 à 57% sur la période 2000-2007 avant de remonter
depuis 2010 à 70% (Matthieu Bussière, « Epargne et investissement, une perspective internationale », 2016).
Donc
crise qui semble avoir accentué le biais national : portefeuille des agents économiques où actifs de leurs propres pays
plus importants.
b) Certains flux de capitaux ont nettement reculé suite à la crise de 2007-2008
Taux mondial d’ouverture financière (somme des sorties et des entrées de capitaux divisée par deux en % du PIB
mondial) qui a brutalement chuté suite à la crise de 2007 et qui n’a pas retrouvé son niveau d’avant crise.
CEPII,
« L’économie mondiale dévoile ses courbes », 2018 : taux d’ouverture financière mondial qui représentait environ
23% du PIB en 2007 et qui dans les années qui ont suivi la crise ne représentait plus que 6% du PIB mondial en
moyenne.
Recul lié au recul de l’activité des banques à l’international car crise a conduit les banques à réévaluer les
risques liés aux opérations financières internationales (plus méfiantes) et le renforcement de la régulation du secteur
bancaire les oblige à réduire leurs activités à l’étranger (nouveaux ratios de solvabilité, mesures allant vers davantage
de séparation bancaire, voir chapitre 11).
II.
Cependant le processus de mondialisation financière semble toujours en cours
a) Les autres types de flux de capitaux continuent leur essor, même après la crise
Actions et obligations détenues par des investisseurs étrangers a continué à augmenter après la crise, de telle sorte
que finalement la taille des dettes et actifs extérieurs bruts a continué à augmenter sur la période récente.
Travaux de
Patrick Artus dans « Globalisation financière : continue-elle ? Quelles conséquences ? », 2018 : taille des dettes
extérieures brutes (ens des actifs financiers vendus à des résidents étrangers) et taille des actifs extérieurs bruts (ens
des actifs financiers détenues par les résidents du pays dans le reste du monde) rapportées à la richesse produite (PIB)
a continué à augmenter que ce soit pour la plupart des pays dvp et des pays émergents.
Pour la zone euro, actifs
extérieurs bruts et dette extérieure brute qui représentaient environ 100% du PIB au début des années 2000, contre
environ 220% du PIB en 2017.
Artus montre que l’intégration financière des pays continue à s’accentuer.
Crise de
2007-2008 ne semble pas avoir modifié durablement l’ampleur des flux internationaux de capitaux.
b) La mondialisation financière semble portée par des facteurs « irréversibles »
1
Directeur du CEPII, Jean Sébastien : ralentissement observé après la crise de 2007-2008 qui est plus la fin d’une période
un peu exceptionnelle mais pas un mouvement de fermeture des économies.
Plusieurs raisons de ne pas croire à la
réversibilité de la mondialisation : retour en arrière qui serait coûteux en raison des engagements financiers de long
terme + mondialisation repose sur dvp des technologies de l’information et de la communication qui ne disparaîtront
pas voire pourront se renforcer et NTIC qui jouent un rôle important dans le dvp des flux internationaux de capitaux.
Mondialisation financière également portée par le dvp du shadow banking....
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